Présidente du centre Cong’Autistme créé dans le but de sensibiliser la communauté et de soutenir les institutions qui travaillent avec des enfants vivant avec autisme. Elodie Bokambulu Diakite, est une Femme entrepreneure, mariée et mère de 4 garçons dont deux nés atteints de Troubles du Spectre Autistique, s’est confiée à 24newsagency pour parler des avancées et projets à venir de la dynamique Cong’autisme.

Vous êtes à la tête d’une initiative salvatrice dénommée CongAutisme. D’où et comment est née cette initiative?

 »Je suis moi même mère de deux enfants autistes qui vivent en Belgique, malgré les progrès, j’ai constaté qu’en RDC les parents rencontrent plusieurs difficultés pour l’insertion de leurs enfants autistes, c’est l’élément déclencheur de l’initiative Congo’autisme dans mon pays. Avoir un enfant autiste est un combat de tous les jours, et c’est ma plus grande motivation pour tenir le centre Congo’autisme”

Nous avons vu à l’inauguration de votre centre, le chef de l’Etat se déplacer. Qu’avez vous fait pour convaincre le président de la République à adhérer à ce projet et quel est son apport ?

 » Nous avons un président soucieux de l’inclusion des personnes vivants avec handicap. Le choix d’une femme à la tête de ce ministère en est la preuve. Le président de la République s’est naturellement senti concerné quand il a compris qu’il s’agissait d’un projet sur un handicap dont on a jamais entendu parlé en République démocratique du Congo. le chef de l’Etat est un grand apport dans ce combat que nous avons commencé depuis 22 ans»

Environ une année depuis l’inauguration. Quelles sont les actions concrètes de Congo’autisme sur terrain?

 » Nous avons jusque-là 3 réalisations concrètes notamment le diagnostic. A ce jour nous avons réalisé près de 600 consultation et posé 456 diagnostics.Et ce n’est pas assez.On a instauré le système de l’orientation qui grâce aux diagnostics nous avons pu mettre quelques enfants autistes sur les bancs de l’école dans les centres spécialisés partenaires et on a mis sur pied un centr e de récréatif pour enfants autistes.
Les enfants sont accueillis pour des animations et jeux socio-éducatifs mais aussi de détente comme le foot, le trampoline, une salle de cinéma et plein d’autres encore pour ne citer que ceux-là  ».

Kinshasa n’est pas la RDC, comment pensez-vous couvrir tout le pays? Et par quelle province allez-vous commencer?

«Vous avez raison de le rappeler. La République ne se limite pas à kinshasa.Mais il nous fallait un centre pilote qui allait servir par la suite de référence, de modèle à suivre pour les provinces.Il faudra disposer d’une quantité suffisante de professionnels de santé spécialement formés pour atteindre l’ensemble de la République. Kinshasa sert de centre de formation,Quant aux provinces, Il n y’a pas une province ciblée comme prioritaire.Nous le déterminons le moment venu»

Il faudrait présenter la situation des enfants autistes congolais aux organismes internationaux. Vous y avez pensé? Si oui, avec quels organismes avez-vous déjà pris contact?

« La situation que le monde connaît avec le Coronavirus a bouleversé tout notre calendrier.
On a commencé notre premier contact avec l’ONU ensuite prendrons contact avec l’UNICEF. Le 2 avril dernier, mon équipe et moi, étions attendus à la cellule du handicap des Nations unies afin de présenter la situation de l’autisme en RDC. Ce n’est qu’une partie remise. Nos services sont en contact»

Quels sont les besoins de Congo’autisme pouvant aider d’atteindre ses objectifs ?

«Nos besoins sont essentiellement financiers.
Nous aimerions augmenter notre capacité de diagnostic. De 20 par mois actuellement à 30. Nous sommes limités parce que le diagnostic a un coût. Les professionnels doivent être rémunérés et nous manquons des moyens.. et il faut former d’autres professionnels et là aussi, nous manquons les moyens . Nous voudrions épauler les centres spécialisés qui font un travail exceptionnel mais avec leur propre moyen»

Les Amis de Daniel une école des enfants autistes à Kinshasa, le Ceheima et tant d’autres. Nous voudrions les épauler afin qu’ils améliorent et augmentent leur capacité d’accueil. Mais hélas, nous ne le faisons pas encore par manque de moyens.

Propos recueillis par Yvette Ditshima

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