Jusqu’ici, le processus électoral burundais cheminait vers une passation pacifique et civilisée du pouvoir.

Apres l’élection fin mai du général Evariste Ndahishimiye à la présidence de la république, il ne restait plus que la grande cérémonie en août prochain de son installation au Palais présidentiel baptisé  » Maison blanche » nouvellement construit par Pierre NKURUNZIZA.

La brutale disparition du Guide Suprême et Éternel du patriotisme ( titre honorifique accordé à PN) plonge le pays dans une psychose d’incertitude pour plusieurs raisons.

Qui va diriger le pays jusqu’au mois d’août et quel rôle peut jouer l’armée pendant cette période ? Autant des questions que se posent les bujanais.

Selon l’article 121 de la constitution de
2018 du Burundi, en cas
d’absence temporaire du président de la république, c’est le vice-président qui assume la gestion des affaires courantes.
En cas de décès , précise la constitution, c’est le président de l’assemblée nationale qui le remplace .

Pierre NKURUNZIZA mort, c’est en principe à Pascal NYABENDA , le président de l’Assemblée Nationale, d’occuper le fauteuil présidentiel jusqu’à l’investiture du général-président.

Selon toute vraisemblance, il est difficilement imaginable que les généraux acceptent un civil même pour un règne temporaire.

Dans les rues de Buja, on pense que la mission est difficile lorsqu’ on sait que le civil Nyabenda est celui que les généraux avaient rejeté en bloc lorsque Pierre NKURUNZIZA lui-même avait essayé de le présenter comme son successeur quand les autres voulaient un des leurs à savoir le général Evariste Ndayishimiye.

Dans cette atmosphère, peut-on craindre un coup d’État ? Tout est possible lorsqu’on sait que les velléités ont toujours été là. Pas évident, selon un diplomate basé à Bujumbura.

D’abord pcq l’homme fort de l’armée, le général NIYONGABO veille au grain et tient tout le monde à l’oeil. Il est hors de question de remettre aux civils le pouvoir que l’armée a gagné par la voie des urnes.

Ce haut gradé présenté comme celui qui a le plus de moyens pour prendre le pouvoir est , en effet, le parrain de Evariste Ndayishimiye. C’est lui qui l’a présenté comme dauphin de Pierre NKURUNZIZA.

Pour l’instant, les rues de Buja sont sous une forte surveillance policière depuis l’organisation des élections de mai 2020.

Dans les milieux diplomatiques, on suivait de très près l’état de santé de santé de la famille NKURUNZIZA mais au sein de l’opinion rien n’a filtré jusqu’à l’annonce de ce mardi qui sonne comme un couperet.

Les hommes en uniforme semblent être loin des événements mais ils ont un rôle non moins important à jouer. A tout moment, l’armée peut imposer sa loi.

Les troupes API ( appui à la protection des institutions ) et les unités combattantes burundaise ne sont pas entrées en activité.

Tous les pays de la sous région suivent également de très près la situation au Burundi pour des raisons bien évidentes.

Les conditions du décès de Pierre NKURUNZIZA, 55 ans , n’étant pas encore élucidées, il est à craindre une réaction épidermique des imbonerakure, ces professionnels de guerre disséminées dans la brousse.

Toutes les forces hostiles au régime de Pierre NKURUNZIZA sont aussi à surveiller étroitement.

Se disant protégé par Dieu , NKURUNZIZA avait chassé les equipes médicales de l’OMS. Ironie du sort, lui et son épouse Denise sont parmi les victimes du Covid.

Le scénario le plus plausible est d’avancer la date de la prise de fonctions du général-président pour tourner la page NKURUNZIZA.

Les jours qui suivent nous edifieront.
V-G Ksm.

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