Comme à l’accoutumée, l’élection du candidat président de la CENI a suscité beaucoup de passion. Difficile de faire la part du vrai et de l’ivraie quand on sait que dans ce genre de contexte, chacun tire le drap de son côté.

Dans la foule d’opinions qui ont suivi l’élection de Ronsard Malonda comme candidat président de la centrale électorale congolaise, deux publications donnent le contour de cette opération complexe. Comme deux faces d’une même réalité, un article du très sérieux Africa News et une tribune de l’expert en questions électorale, Jérôme BONSO font toute la lumière sur cette élection.

Dans une tribune publiée ce vendredi 12 juin sur les réseaux sociaux, Jérôme Bonso, expert en questions électorales de renommée, s’en prend rageusement aux confessions religieuses considérant qu’elles n’étaient « plus crédibles et doivent se désengager de la désignation du président de la CENI ».

Candidatà ce poste, le président de la Linelit, retrace la procédure approuvée par toutes les confessions religieuses en vue de la désignation du candidat président de la CENI. « Mise sur pied du comité de réception et sélection des candidatures par les confessions religieuses. Réception des 26 candidatures.

Après sélection, six candidatures sont retenues ». Ce qui correspond à une narration faite par Africa News dans sa publication datée 12 juin. Sauf que lorsqu’il fallut passer de 6 candidats à 3, Jérôme Bonso est resté sur le carreau. Oubliant son fair-play légendaire, il justifie son élimination par un argument subjectif qu’un féru de démocratie comme lui n’aurait pas dû évoquer dans une démocratie fragile comme celle de la RDC.

Qu’à cela ne tienne, Africa News renseigne dans sa « vérité simplifiée » que « Dénis Kadima, Sylvain Lumu, Jérôme Bonso, Ronsard Malonda, Eale Bosela et Cyrille Ebotoko. Un deuxième tamisage a permis de rester avec 3 candidats: Cyrille Ebotoko, neveu du Cardinal Ambongo, pour l’Eglise Catholique au Congo, Révérend Eale Bosela, pour l’ECC et Ronsard Malonda, secrétaire exécutif de la CENI porté par l’Eglise Kimbanguiste et les autres ».

Al’heure qu’il est, le confrère est certainement au courant que Ronsard Malonda est un catholique pratiquant. Formé dans des bonnes écoles catholiques au Kongo Central, Malonda Ngimbi n’a jamais ménagé son effort quand il s’est agi de la cause de l’église catholique.

En fait, la CIME, qui est l’organe technique de la plateforme des confessions religieuses est présidée par l’église Kimbanguiste depuis plus de 6 ans. Partie de la CIME depuis les élections de 2018, l’église catholique ne prenait plus part aux réunions. Mais très souvent, lorsqu’il fallait rendre compte de ses cogitations à la plate-forme des confessions religieuses, le président de la CIME était logiquement le porte-parole de cet organe technique qui avait reçu la candidature de Ronsard Malonda. Voilà d’où est partie cette interprétation.

Revenons à Africa News qui révèle avec précision qu’après « les journées de lundi 8 et mardi 9 consacrées au choix du délégué des Confessions religieuses à la tête de la CENI, ayant d’ailleurs abouti, comme à l’accoutumée, à un manque de consensus entre les 8 Confessions religieuses de la RD-Congo, la Conférence épiscopale nationale du Congo CENCO/Catholique et l’Eglise du Christ au Congo -ECC-, ont fait le choix de miser sur la désinformation et de jeter le discrédit sur leurs collègues des autres Confessions religieuses ».

Ce qui est corroboré par Jérôme BONSO qui déclare dans sa tribune que « les deux chefs des confessions religieuses originaires d’une même province ont présenté sans tergiverser les deux candidats issus de leur propre province comme si l’expertise électorale appartient seulement à leur province et que leurs deux églises sont bien célébrées que dans d’autres provinces ».

Triste constat qui amène Africa News à se poser une question non moins pertinente, « par quel miracle le tandem Catholique-ECC aurait-il pu remporter une élection face à un groupe compact de six Confessions religieuses? ».Selon un modus operandi convenu par les princes de l’église quant à la désignation du candidat président de la CENI, lorsque le consensus n’est pas obtenu, il faut passer au vote. C’est bien de ce vote qu’est sorti Ronsard Malonda avec 6 voix contre 8.

Ladémocratie est simplement la loi du grand nombre. La règle du jeu ne peut être changée en cours de jeu. Ce qui est aussi valable pour la conclusion de de la tribune de Jerome Bonso selon laquelle « les élections de 2023 seraient hypothétiques si les confessions religieuses ne se désengagent pas dans le processus de désignation du Président de la CENI…»,car le président de la Linelit n’est pas non plus sans savoir que la loi organique de la CENI, qu’il devrait certainement bien maitriser ,indique à son article 1er que « la CENI est composée de treize membres désignés par les forces politiques de l’Assemblée Nationale à raison de six délégués dont deux femmes par la Majorité et de quatre dont une femme par l’Opposition politique.

La Société Civile y est représentée par trois délégués issus respectivement de ; 1. Confessions religieuses ; 2. Organisations féminines de défense des droits de la femme ; 3. Organisation d’éducation civique et électorale » …Dura Lex sed lex

La rédaction

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