Le 30 Septembre 2006, les alentours du  Grand Hotel de Kinshasa, connaissent une ambiance toute particulière: Chants,  slogans et cris des membres et sympathisants des partis politiques, brisent le calme symbolique de cet endroit, décoré pour la circonstance, aux couleurs des drapeaux et banderoles de ces partis.

Nous sommes bien dans la fièvre électorale d’entre les deux tours des Présidentielles de 2006.

Dans l’une des salles de cet hôtel, pleine à craquer et électrisée, les membres de mon équipe de production et moi-même, tous venus de Londres,  pour la couverture de ces premières élections démocratiques en RDC, pour le compte de la chaîne Britannique , OBE TELEVISION,sommes témoins d’un événement solennel et  historique.

En effet, ce jour-là, Joseph Kabila Kabange, autorité morale de l’Alliance de la Majorité Présidentielle, AMP et Antoine Gizenga Secrétaire Général du Parti Lumumbiste Unifié, PALU et Chef du parti,  venaient de procéder à la signature d’un protocole d’accord politique.

Au terme de cette alliance, le Palu s’engageait notamment, à constituer avec l’AMP la majorité parlementaire et à mobiliser ses militants en faveur de la candidature de Joseph Kabila au second tour de la présidentielle. Et selon certaines indiscrétions, Antoine Gizenga aurait empoché une bagatelle somme de 400. 000 dollars américains pour la campagne.

En retour, un membre du Palu allait diriger le gouvernement issu de la majorité parlementaire constituée à l’issue des élections.

En effet, cette alliance considérée comme la naissance d’une véritable ” gauche congolaise” au regard des des deux leaders impliqués, à savoir Antoine Gizenga, l’un des disciplines vivants de Lumumba et Joseph Kabila,  héritier idéologique d’un autre Lumumbiste avéré, Laurent Désiré Kabila, commençait à battre de l’aile depuis quelques années déjà.

L’arrangement trouvé en 2011, pour la suite de cette entente politique, contrairement en 2006, où le poste de premier ministre était réservé au Palu n’avait jamais était rendu public.

Alors que les observateurs de la scène politique congolaise croyaient en la sincérité de cet accord, ils ont étaient vite déçus de constater que,  le Palu était plus intéressé par le partage du pouvoir, surtout la primature, que la sauvegarde de l’idéologie de la gauche congolaise.

Après avoir dirigé la primature de décembre 2006 à avril 2012, soit pendant  6 ans, quelques cadres de l’ équipe dirigeante de ce parti, avaient très mal digéré le fait qu’en 2012, le poste de premier ministre soit confié à un membre du PPRD.

LA GOÛTE D’EAU QUI A FAIT DÉBORDER LE VASE.

Alors que la :”guerre de la primature” était gérée en coulisse,  la grande fissure publique sur le partage des postes, est exposée lors des dernières élections des gouverneurs des provinces où Floribert Luboto, candidat du Palu au gouvernorat de la province de Kwilu, a été devancé par le candidat indépendant, Bala-bala Kasongo. Quelques cadres de l’équipe dirigeante du Palu, avaient accusé à son temps, le Secrétaire Général de la Majorité Présidentielle et Président de l’assemblée nationale, Aubin Minaku, d’être à la base de cette débâcle, mais sans en fournir,  la moindre preuve.

Les choses se dégénèrent pourtant.

Le 28 août 2017,  le secrétaire général et chef du parti,  Antoine Gizenga avait adressé une lettre, sous forme d’un ultimatum de 3 jours,  à l’autorité morale de la MP, Joseph Kabila en rapport avec les relations entre son parti et sa plate-forme politique.

Quelques jours après, dans un communiqué datant du   1 septembre 2017, le secrétaire permanent du et porte-parole,  du Palu, Gizenga Lugi, fils du patriarche, avait exprimé sa satisfaction du fait que Joseph Kabila avait  pu répondre positivement aux préoccupations de leur formation politique.

EN 2017 ADOLPHE MUZITO ANNONCE LA RUPTURE,  MAIS LE PALU CONTINUE À BÉNÉFICIER DU POUVOIR DE KABILA.

” L’alliance est tombée dans la caducité: Le mandat du Président Kabila s’est achevé en 2016. Cette alliance était limitée dans le temps.

C’était une sorte de contrat à durée déterminée. Nous n’avons pas une tradition de coalition dans ce pays.

C’est ainsi que certains pensent, à tort, que même après la fin de l’alliance, on doit toujours être des alliés. Mais non! Nous avons passé un accord en 2006 et 2011″,  avait déclaré, le Secrétaire permanent-adjoint du Palu, Adolphe Muzito, au magazine le Point Afrique, le 5 novembre 2017, celui-là même, que beaucoup d’observateurs estiment,  être le plus grand bénéficiaire de cette alliance entre la MP et le Palu, plus que l’initiateur de ce parti, lui-même.

Des 6 années de gestion de la primature par le Palu, soit 2006 à  2012, Adolphe Muzito, en a raflé 4 années, comme premier ministre.

Cette situation était même à la base des quelques frustrations au sein de ce parti.

Pourtant ces dernières années, ce premier ministre honoraire est passé pour un véritable champion,  en critiquant systématiquement, le gouvernement, dans lequel participent pourtant, les membres de son parti politique,  à travers ses fameuses ” Universités Populaires” et “tribunes”.

La question que les observateurs se posent est celle de savoir, pourquoi M.Muzito, n’a-t-il pas eu le même courage depuis 2017, de demander à tous les membres du Palu de démissionner du gouvernement, des entreprises publiques et de toutes les institutions?

Il est en effet, politiquement malhonnête,  que ces gens continuent de garder leurs postes,  tout en tirant tous les avantages financiers, en vue de renflouer les caisses de leur parti qui, pourtant n’a plus aucune alliance avec la MP.

Le temps est donc  venu de les y pousser,  comme c’est fut le cas avec les membres du G7.

ALLIANCE PALU-MLC-UNC: POUR QUEL POIDS POLITIQUE?

C’est toujours le même Adolphe Muzito qui est à la base de ces différentes alliances entre son parti politique et les deux autres formations politiques de l’opposition, en perspective des élections du 23 décembre 2018.

Cependant, beaucoup des gens sont curieux de savoir quel sera l’impact politique de ces alliances , dans la mesure où le Palu, le MLC de 2006 et l’UNC de 2011, ne sont plus les mêmes. Le cas qui nous intéresse est celui du  Palu. Ce parti est passé de 34 députés nationaux en 2006 à 19 en 2011.

 

Guy MOMAT✍🏿

Analyste Politique.

By 24news