Diplômée en gestion de l’institut des Hautes Etudes Economiques et Sociales de Bruxelles. Membre du Comité Laïc de Coordination à la base des manifestations anti Kabila dont les trois dernières  ont toutes été réprimées dans le sang, Léonnie Kandolo est une femme engagée dans la lutte pour le respect de l’accord de la Saint-sylvestre. En clandestinité depuis plusieurs semaines, elle reste coupée de sa famille, elle garde contact que par whatsapp.   A la question de savoir, comment et pourquoi fait-elle partie d’une organisation considérée de clandestine par l’Etat, Léonnie Kandolo nous rétorque:

‘’Le CLC n’est pas une organisation clandestine car, elle jouit d’un acte de reconnaissance de l’Archidiocèse de Kinshasa, avec des objectifs bien précis qui sont :

– D’assurer la mise en œuvre des directives pastorales de l’Archidiocèse de Kinshasa dans le domaine socio-politique ’’;

Co-signataire de tous les communiqués publiés par le CLC appelant à la marche pacifique, elle n’a pas peur et le fait d’être femme ne change rien sur sa détermination à mener son combat jusqu’au bout.

‘’ Je pense que le fait d’être une femme ne change pas grand-chose quant au danger et aux risques encourus. Tout combat qui vise à changer un système pour l’avènement d’une alternance démocratique comporte des dangers quand le pouvoir en place n’est pas démocratique. La preuve est là, car nous vivons depuis l’organisation de notre première marche, nous sommes sous le couvert d’un mandat d’amener, qui nous oblige à vivre dans la clandestinité.’’

Léonnie Kandolo vit en clandestinité depuis la première marche des chrétiens, un poids psychologique assez lourd pour cette femme qui ne compte pas abandoner..

‘’ Pourtant nous n’avons fait qu’exercer un droit constitutionnel qui  est le droit à la manifestation pacifique. Des appels à la haine contre les membres du CLC sont diffusés dans les médias proches du pouvoir.  Nous sommes harcelés par téléphone et recevons des menaces de mort.’’ Explique t-elle. Séparée de la famille, le seul contact avec celle-ci reste le watsap.

‘’Nos familles font l’objet d’intimidation et vivent des moments très difficiles, nos enfants sont traumatisés par des visiteurs inconnus qui viennent dans nos domiciles. Certains membres de famille ont perdu leur travail.

Il faut quand même noter que c’est la première fois que des mandats sont lancés contre les organisateurs d’une marche pacifique’’!   

’Quand on veut savoir quelles sont les propres ambitions qu’elle nourrit en s’engageant dans ce combat, Léonie Kandolo nous dit :

‘’J’ai toujours milité pour des causes nobles, pour la justice, la démocratie, la juste répartition des richesses, les droits de l’homme, etc… C’est ce qui justifie mon engagement dans la société civile. Mon ambition n’est pas personnelle mais j’ai une grande ambition pour mon pays qui doit retrouver sa place de géant de l’Afrique dans le concert des nations. Partout où je pourrais être utile à mon pays, je le servirai.’’

Léonnie Kandalo c’est aussi une femme rongée par des dures épreuves de la vie, qui cependant n’affectent pas son idéal.

‘’Les moments les plus durs, les plus pénibles dans la vie sont la perte des êtres chers, j’ai perdu mon père quand j’étais encore adolescente, j’ai perdu deux de mes sœurs et j’ai perdu mon mari. On ne se remet jamais tout à fait de la mort de personnes aimées.Les meilleurs moments, il y en a beaucoup, cela va des chants des oiseaux le matin, le sourire d’un enfant en passant par les moments agréables en famille ou avec les amis,  j’aime les joies simples.’’

La RDC devenir une grande démocratie, tel est le rêve de Léonnie Kandolo.

‘’ Mon rêve est bien sûr de voir la RDC devenir une grande démocratie, avec une classe politique responsable et prête à construire un pays où il fera bon vivre.

Il est temps que le pays se remette sur les rails et cela ne peut passer que le respect de la Constitution et des textes légaux.

Avec la CENI actuelle, je ne pense que nous pourrions avoir des élections crédibles dans les délais, car beaucoup préalables sont posés par la CENI, ajouté à cela le rejet de la machine à voter et la perte de confiance au niveau tant la population que des politiques.

Il faudra certainement passer par une transition citoyenne qui permettrait entre autre une restructuration de la CENI en vue d’organiser des élections libres, démocratiques, transparentes, sans lesquelles nous ne pouvons pas retourner à l’ordre constitutionnel et donc à un état de droit.

Pour cela, il est important que le peuple qui s’est réveillé, veille pour que ses droits soient respectés.

J’ai bon espoir car le jour finit toujours par se lever et ensemble nous bâtirons un pays plus beau qu’avant comme le dit notre hymne national.’’

 

Nez Zolo Mutinda Jael

By 24news