De la première instruction à la déposition des témoins et renseignants, le très suivi et célèbre procès 100 jours dit « procès Kamerhe » marquera à jamais l’histoire de la République démocratique du Congo. Cela non pas par sa célébrité mais surtout par son côté « enseignement ou leçon » à tirer.
Aux yeux de plusieurs observateurs, après la longue séance d’auditions de la journée de jeudi 4 juin, l’opinion s’est donnée des idées justes et nettes sur la manière dont les affaires sont conduites au pays de Lumumba, 60 ans après son indépendance. La Rdc est jusqu’à preuve du contraire un pays désorganisé. Et ce, à tous les niveaux de ses institutions.

Il est important de s’en tenir aux déclarations de chaque témoin pour se faire une idée de cet imbroglio. Pour un programme ambitieux que celui de 100 jours du Chef de l’Etat, il est curieux de constater que des pans entiers ont été maladroitement transformés et dénaturés, alors que l’opinion tant nationale qu’internationale n’ignore pas que ces pans ont été déjà en cours, suivant des plans bien peaufinés sous la gouvernance Kabila (fils). Malheureusement, la maxime: « continuité de l’Etat » a été foulée aux pieds de façon pire et simple.
Et ce n’est pas tout. Les révélations d’une part, d’Henri Yav Mulang, ancien ministre des finances soutenant devant le juge d’avoir décaissé des fonds sur base d’une simple lettre de directeur de cabinet du Chef de l’Etat; celles de Deogracias Mutombo Mwana Nyembo, Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), affirmant que son institution n’assure aucun contrôle des opérations des banques privées ; le ministre du budget lui, sous informé des dépenses d’urgence; soit encore la Direction générale de contrôle de marché public qui ne contrôle les informations soumises par les sociétés, sont des preuves pendantes du désordre à ce niveau de la chaîne de dépenses au Congo Kinshasa.

L’invité surprise des audiences foraines qui de tiennent à l’ex prison centrale de Makala, a bel et bien été l’accablante révélation faite par Marcelin Bilomba, Conseiller en charge des finances à la présidence de la RDC. Ce dernier a prouvé à la face du monde combien, à la présidence congolaise, les mouvements, les contacts entre Chef et ses collaborateurs échappent au Directeur de cabinet, qui est censé être levier de l’administration du Chef de l’Etat. Conséquence c’est que la présidence de la RDC évolue dans un dysfonctionnement total jamais connu ailleurs. Et ce, depuis des décennies. L’administration de Fatshi vit dans une anarchie et confusion au quotidien. Ce qui est inadmissible au regard de la taille et aussi de la position du pays sous continent au cœur de l’Afrique.

Giscard Havril

By 24news