La SCTP est dans une situation de quasi-cessation de ses activités, selon le président syndical Armand Osase. Une grande manif est en vue. Le gouvernement a chargé le VPM et ministre de l’Intérieur, l’UDPS Gilbert Kankonde de gérer cette crise. Le ministre devrait s’entretenir, dans les prochains jours, avec d’une part, le nouveau conseil d’administration de la SCTP, le P-ca José Makila et sa suite, et d’autre part, les syndicalistes.

Le banc syndical a fait déjà savoir que le futur port en eau profonde de Banana devrait rentrer dans le patrimoine de la SCTP et qu’il n’acceptera plus jamais des privés.L’opinion se souviendra comment l’ex-VPM et ministre des Transports, José Makila, tenait à faire passer la construction du port en eau profonde dans l’actif de l’ancien chef de l’Etat, Joseph Kabila.

A chaque mandataire, son cercueil.

Au bâtiment administratif de la Société commerciale des transports et des ports, SCTP ex-ONATRA, les grèves sont permanentes, se déclenchent à l’improviste, et le banc syndical s’arrange toujours à s’emmener avec un cercueil destiné au mandataire ciblé…sinon un ministre. Kimbembe Mazunga, Vicky Katumwa, Daniel Mukoko Samba, etc., Jeannine Mabunda, et même Ilunga Ilunkamba ont eu droit à leur cercueil. A la SCTP, les arriérés des salaires dépassent les 12 mois, et plus de 5 ans, dans certains sites dans l’arrière-pays.

C’est dans ce cadre peu reluisant que le FCC José Makila Sumanda a pris ses fonctions de PCA, non incompatible avec son mandat de sénateur. Il a pour DG, Franklin Mabaya et DGA, Gabin Lulendu, un proche de l’UNC Vital Kamerhe. Selon une note d’information de la SCTP, la moyenne mensuelle des recettes se situe autour de 4.200.000 USD alors que l’enveloppe salariale s’élève à 3.200.000 USD. A cela, il sied d’ajouter des dépenses contraignantes, à savoir le remboursement des échéances, les charges financières consécutives aux impayés ainsi que la nécessité de financer les dépenses d’exploitation.

Les experts maison de la SCTP mise sur un accroissement rapide de son chiffre d’affaires, à travers la relance du trafic ferroviaire. Hélas, les 100 millions de dollars réalisés par la RLT, Redevance logistique terrestre, servent à tout sauf à relancer la voie ferrée. Matata en a pris 10 millions pour créer Congo Airways. Les ports maritimes Banana, Boma et Matadi croule devant la concurrence du port MGT dont Ledya est actionnaire.

José Makila et son équipe vont également faire face au lourd passif de la SCTP. In globo, retraités et actifs de l’ex-ONATRA représentent un effectif d’environ 12 500 agents. Toute offre de dégraissage des effectifs présentée par l’État, actionnaire unique de l’entreprise, s’est toujours heurtée à un niet ferme du banc syndical soutenu par le personnel.

Pour mettre fin à cette situation, précise la source, l’entreprise a proposé le reversement des pensionnés rentiers de la SCTP à la CNSS. Le Conseil d’administration sortant avait déjà élaboré un plan d’urgence de sortie de crise en trois points à savoir, la relance rapide de l’exploitation, la sensibilisation de la part de marché de la société aux ports maritimes ainsi que le recouvrement de la confiance de la masse laborieuse des clients et autres partenaires envers l’entreprise.

Mais au Portefeuille, il y a un projet de mise en concession en pièces détachées de l’ex-ONATRA, les ports d’une part, les biens immobiliers d’autre part, et le chemin de fer reconverti en une entreprise de défaisance. La dernière proposition du gouvernement de la mise en concession par appel d’offre des ports maritimes et du chemin de fer Matadi-Kinshasa a tourné à la confusion. Le banc syndical s’y est naturellement opposé, mais le gouvernement ne l’a pas retiré même si huit ans après, l’appel d’offre n’a guère connu d’évolution.

POLD LEVI

By 24news