La RDC élabore des projets d’exploitation du gaz du lac Kivu depuis 1963. Aucun n’a franchi le seuil de simples intentions. Félix Tshisekedi tient à relever le pari c’est-à-dire électrifier le Grand Kivu avec l’énergie gazière.

Selon le ministre des Hydrocarbures, l’UDPS Rubens Mikindo, comme la crise de la covid-19 tend à s’estomper, les ingénieurs d’Engineering Procurement & Project Management (EPPM) de Tunisie, en consortium avec la filiale rd congolaise de Sweden Energy Transcentury Limited, devraient revenir courant août 2020 en RDC pour exploiter l’un des 4 blocs gaziers leur octroyés après appel d’offre, à savoir le bloc Goma. Les autres blocs sont Idjwi, Lwanjoja et Makelele. Un atelier sur l’évaluation de l’exécution dudit projet s’est en effet tenu, mi-juillet, à Kinshasa. Le bloc Goma pourrait produire jusqu’à 35 MW, apprend-on.

La RDC et le Rwanda se partagent le lac Kivu qui a une superficie de 2 400 km2 et une profondeur maximale de 485 m. Les réserves exploitables de gaz sont estimées à 50 milliards de Nm3, soit environ 40 millions de tonnes de pétrole.

Après plusieurs tentatives des projets mitoyens dont la Socigaz, le Rwanda a opté de faire cavalier seul. Après sa station expérimentale de captage qui fonctionne depuis 1963 et fournit actuellement 500 000 Nm3 de méthane à la brasserie-limonaderie du Rwanda (BRALIRWA), le pays des mille collines a inauguré le 16 mai 2016 la centrale Kivuwatt, installée par l’entreprise américaine Contour Global.

L’installation a une capacité de 26 MW. Sept ans d’efforts ont été nécessaires à ce projet et 200 millions de dollars issus de capitaux privés mais aussi de prêts d’institutions internationales d’aide publique au développement, dont la Banque africaine de développement (BAD). Contour Global prévoit de construire au moins deux autres plateformes afin d’augmenter la capacité de l’installation à environ 100 MW. Du côté de la RDC, l’on s’active pour l’instant aux travaux de dégazage des eaux du lac Kivu à hauteur du golfe de Kabuno pour épargner le Nord-Kivu d’une éventuelle explosion, comme le lac Nyos au Cameroun, qui avait connu une explosion en 1986. Bilan, plus de 2 000 morts. Les riverains du lac Kivu, plus de 3 millions de personnes, sont exposés à une potentielle brusque remontée à la surface d’une grande quantité de gaz carbonique et de méthane. Les spécialistes indiquent que le gaz du Kivu se renouvelle chaque année et qu’il renferme mille fois plus de gaz que le lac Nyos. Le gouvernement a octroyé, par la procédure de gré à gré, en octobre 2019, le marché du dégazage des eaux du lac Kivu à la société Limnological Engineering L.E. SAS pour 4.355.359 euros.

 

Popol van der Pold

By 24news