mercredi 17 février 2021

L’habitude, une seconde nature ? Aristote qui mit en exergue ce proverbe n’avait pas tort. En témoigne la récurrence du procès en traçabilité, intenté à nombre de dirigeants congolais dès qu’ils s’installent sur le piédestal. C’est le cas du nouveau Premier ministre. On lui trouve déjà des origines étrangères.
Zambien pour les uns et…Rwandais pour les autres. Dans ce pays où le fixisme sur le Rwanda alimente un complexe que Sigmund Freud aurait pu psychanalyser utilement, on voit Paul Kagame partout.

Ce faisant, on mythifie et mystifie inconsciemment le Président rwandais. Avant de devoir épouser la realpolitik inhérente à la gestion du pouvoir d’Etat, l’UDPS a longtemps participé au concert du déni de nationalité des dignitaires rd congolais. Inutile de répéter que cette campagne a terriblement nui à l’image du pays.

Concernant la cas “Sama Lukonde”, son absence de l’écosystème politique traditionnel donne du grain à moudre à tous ses apprentis détracteurs. Et le jacobinisme kinois fait le reste. Pourtant, Sama Lukonde est tout aussi fils de…comme nombre de plus en plus de dirigeants rd congolais.

Seulement, son père Lukonde, assassiné avec un autre baron de la politique katangaise en 2001, a fait l’essentiel de sa carrière au Katanga. Il a tout de même été ministre dans le gouvernement Nguz au seuil des années 90. L’actuel Premier ministre n’est donc ni un ovni ni un homo novus.

En terme de traçabilité, Sama Lukonde est une synthèse du Tanganyika et du Haut-Katanga. Du sang tabwa, sanga et bemba coule dans ses veines.
Le vrai procès commencera avec sa gestion de la complexité du réel congolais. Diriger le Gouvernement dans le contexte actuel est tout sauf une sinécure. Il y aura donc quantité de sujets sur lesquels les opposants au pouvoir Fatshi pourront tirer sur le fusible qu’est le Premier ministre.

Le très lushois Sama Lukonde ne devrait tarder à recevoir son baptême du feu dans cette capitale où la politique politicienne est reine. On ne lui fera pas de cadeaux. Les coups ne viendront pas uniquement des oppositions. En embuscade, tous ceux qui feront les frais de la cure d’amaigrissement annoncé du Gouvernement chercheront à se faire entendre.

Quant à la très bouillante base de l’UDPS, elle pourra aider le Premier ministre à prélever à peu de frais la température du Président. Dans leur rôle de griots, de lanceurs d’alerte et d’alarme, les légendaires parlementaires-debout se produisent rarement par hasard. Tels les rois mages, ces consultants occultes annoncent les événements à venir. Une pratique “tshisekedienne” héritée du père que le fils perpétue. L’infortune de Vital Kamerhe, alors tout puissant dircab du chef de l’Etat avait été prophétisée par… la base de l’UDPS. La réalité s’est avérée conforme à la prophétie. *

José NAWEJ

By 24news