La polémique autour du discours de l’ancien président Joseph Kabila continue de susciter des réactions en République démocratique du Congo. Cette fois, Mike Mukebay, cadre d’Ensemble pour la République, s’en prend au président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, après les menaces de sanctions formulées contre certains médias.
Dans son adresse diffusée le 9 octobre 2026, Joseph Kabila a vivement critiqué la gestion du pays par Félix Tshisekedi, notamment sur les plans politique et sécuritaire. L’ancien chef de l’État a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive autoritaire et plaidé pour un dialogue national inclusif face à la crise persistante dans l’Est du pays.
Cette sortie médiatique a provoqué des réactions au sein de la classe politique et des institutions. Christian Bosembe a notamment critiqué le discours de l’ancien président, lui reprochant sa posture face à la situation sécuritaire et l’absence de condamnation explicite de la rébellion. Cette controverse a rapidement dépassé le seul contenu du discours pour s’étendre à la responsabilité des médias qui le diffusent.
Le président du CSAC a annoncé des mesures contre les journalistes et les organes de presse accusés de banaliser ou de légitimer des discours favorables à la rébellion. Selon des déclarations rapportées par le média Enquete.cd le 11 octobre, il a promis des « actions d’envergure », annoncées pour la semaine suivante, tout en affirmant vouloir agir dans le respect des lois de la République.
Cette mise en garde intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible, marqué par le conflit dans l’Est de la RDC. Pour Christian Bosembe, le traitement médiatique de certains discours peut soulever des questions liées à la sécurité nationale et à la cohésion du pays. Toutefois, la portée exacte des mesures annoncées et les médias éventuellement concernés doivent encore être précisés.
La réaction de Mike Mukebay ne s’est pas fait attendre. Le cadre d’Ensemble pour la République a vivement contesté la position du responsable du régulateur des médias, estimant que ses déclarations constituent une menace pour la démocratie et la liberté de la presse.
« À force des ailes, il se prend trop la tête. Le président du CSAC veut mettre la démocratie en péril », a déclaré Mike Mukebay, selon les propos qui lui sont attribués. Cette sortie traduit le désaccord d’une partie de la classe politique avec la manière dont le CSAC entend encadrer la couverture médiatique des discours liés à la crise sécuritaire.
« Il n’a pas droit d’interdire aux hommes de médias de relayer le discours de Joseph Kabila », a-t-il poursuivi. Pour Mukebay, la diffusion d’une déclaration politique relève du travail d’information et ne signifie pas nécessairement que le média concerné adhère aux idées exprimées par son auteur.
Au-delà de cet échange, la controverse pose la question des limites du pouvoir de régulation du CSAC et de la protection de la liberté de la presse. L’institution peut intervenir dans le cadre de ses compétences légales, mais toute sanction doit être fondée sur des manquements établis et respecter les garanties prévues par la loi. La couverture journalistique d’un discours politique doit être distinguée de sa promotion ou d’un éventuel appel à la violence.
La suite dépendra donc des actes que le CSAC décidera effectivement de poser et de leur fondement juridique. Dans un pays confronté à une crise sécuritaire persistante et à de fortes tensions politiques, le défi consiste à lutter contre les contenus qui enfreignent la loi sans restreindre indûment le droit des médias à informer. La polémique entre Mike Mukebay et Christian Bosembe illustre ainsi les tensions entre impératifs sécuritaires, régulation audiovisuelle et pluralisme démocratique.
Note de vérification : les menaces attribuées à Christian Bosembe sont rapportées par Enquete.cd et d’autres médias. Les citations de Mike Mukebay proviennent des éléments que vous avez transmis ; il convient de vérifier leur formulation exacte auprès de la source originale avant publication.
Jacques Amboka Mokoko
