Le bras de fer entre Washington et Kiev se poursuit sur fond de guerre en Ukraine. Le président américain Donald Trump s’en prend de nouveau à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, qu’il accuse de vouloir reprendre les frappes contre les raffineries de pétrole russes. Ces installations représentent une source importante de revenus pour Moscou, mais aussi une cible stratégique dans le conflit.

Cette nouvelle sortie de Donald Trump illustre les divergences persistantes entre les deux dirigeants sur la conduite de la guerre. Alors que Washington cherche à peser sur les conditions d’un éventuel règlement, Kiev considère que les opérations militaires contre les infrastructures russes peuvent contribuer à réduire les capacités de financement et d’approvisionnement de l’armée de Vladimir Poutine.

Les frappes contre les raffineries russes constituent un enjeu majeur du conflit. En visant ces installations, l’Ukraine cherche notamment à perturber la production et la distribution de carburants utilisés par les forces russes. Ces attaques peuvent également affecter les exportations pétrolières, même si leur impact dépend de l’ampleur des dégâts et de la capacité de la Russie à rétablir rapidement ses installations.

La tension s’est concrétisée le 15 octobre, lorsque l’armée ukrainienne a frappé une raffinerie appartenant au groupe Rosneft, dans la région russe de Riazan. Cette opération a marqué la fin d’une brève trêve énergétique encouragée par Washington. Kiev justifie sa riposte par la poursuite des bombardements russes contre ses propres infrastructures énergétiques.

Sur le plan diplomatique, le différend entre Trump et Zelensky intervient alors que les discussions visant à mettre fin à la guerre restent dans l’impasse. Le dirigeant américain reproche à Kiev de compromettre les efforts de désescalade, tandis que le président ukrainien défend le droit de son pays à riposter aux attaques russes. Cette opposition fragilise davantage les relations entre les deux alliés.

Face aux incertitudes entourant le soutien américain, Volodymyr Zelensky s’est tourné vers les dirigeants européens réunis à Bruxelles le 16 octobre. Il leur a demandé 70 milliards d’euros supplémentaires pour 2027, destinés à financer la défense, l’achat d’armes et le renforcement de la résilience de son pays. Selon lui, la guerre pourrait coûter environ 155 milliards d’euros à l’Ukraine l’année prochaine.

La demande ukrainienne représente un défi financier majeur pour l’Union européenne. Les dirigeants européens ont demandé à la Commission de présenter des solutions pour combler le déficit prévu, notamment à travers de nouveaux mécanismes de financement. L’utilisation des avoirs russes gelés et d’autres formes d’emprunt figurent parmi les pistes évoquées, sans qu’un financement intégral des besoins supplémentaires soit encore garanti.

Au-delà des échanges entre Trump et Zelensky, cette séquence pose une question essentielle : l’Europe pourra-t-elle maintenir durablement son soutien à l’Ukraine si les relations avec Washington continuent de se dégrader ? Pour Kiev, l’enjeu est autant militaire que financier. Pour ses partenaires européens, il s’agit de préserver la capacité de résistance ukrainienne tout en recherchant une issue diplomatique à une guerre dont le coût continue de peser sur les équilibres internationaux.

La Rédaction