Consacrer une part beaucoup plus importante des ressources de l’État à la sécurité du territoire national. C’est le plaidoyer porté par le député national Crispin Mbindule Mitono, qui réclame l’affectation de 50 % du budget national de l’exercice 2027 aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux services de défense.
L’élu de Butembo a exprimé cette position lors de l’examen général du projet de loi de finances à l’Assemblée nationale, présenté par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Pour lui, la situation sécuritaire que traverse le pays, particulièrement dans sa partie orientale, impose de revoir les priorités dans la répartition des ressources publiques.
Évalué à 56 930 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains, le projet de budget 2027 prévoit déjà 14 091 milliards de francs congolais pour les FARDC et la Police nationale, représentant près de 24,6 % des dépenses publiques. Cette enveloppe connaît une progression de plus de 18 % par rapport à l’exercice précédent.
Malgré cette augmentation, Crispin Mbindule juge les moyens prévus encore insuffisants face aux défis militaires auxquels le pays est confronté. Il estime notamment que les grands projets d’infrastructures et de développement risquent de perdre leur portée si la paix n’est pas préalablement rétablie.
« Notre pays est en guerre. On ne peut construire des routes et des bâtiments que si on est en paix. C’est pourquoi, honorable Président, je plaide pour que 50 % de ce budget soit affecté à l’armée et aux services de la défense », a-t-il soutenu devant la représentation nationale.
Au-delà du renforcement des capacités militaires, le député a également évoqué la reconquête des zones occupées dans l’Est du pays ainsi que la question judiciaire concernant l’ancien président Joseph Kabila. Il considère que l’augmentation des moyens consacrés à la défense permettrait au gouvernement de faire face à ces différents enjeux.
« Si nous consacrons 50 % de ce budget pour conquérir les zones occupées par le Rwanda, capturer monsieur Kabila et le ramener devant la justice, on aura déjà fait grand-chose », a-t-il déclaré.
Cette intervention remet au centre des discussions la question de l’équilibre entre les dépenses sécuritaires et les investissements socio-économiques. Alors que l’insécurité continue de peser sur plusieurs territoires de l’Est, le débat porte désormais sur les moyens financiers à mobiliser pour restaurer l’autorité de l’État et garantir la stabilité du pays.
À l’issue du débat général, le projet de loi de finances 2027 a été envoyé à la commission économique, financière et de contrôle budgétaire (ECOFIN) pour un examen approfondi avant la poursuite de la procédure parlementaire.
Gires Kasongo
