Vingt-neuf ans après sa mort, survenue le 7 septembre 1997 à Rabat, au Maroc, le peuple congolais se souvient encore de Mobutu Sese Seko, deuxième président de la République démocratique du Congo indépendante. Il demeure une figure indissociable de l’histoire politique du pays.

Arrivé au pouvoir en 1965 à la suite d’un coup d’État, dans un contexte de crise politique au sommet de l’État, notamment marqué par les tensions entre le président Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Emery Lumumba, Mobutu a dirigé le pays pendant plus de trois décennies.

Né le 14 octobre 1930 à Lisala, dans l’actuelle province de la Mongala, Mobutu prend le pouvoir le 24 novembre 1965 en renversant le président Joseph Kasa-Vubu et en mettant fin au régime parlementaire de l’époque.

Il instaure progressivement un régime présidentiel fortement centralisé. En 1971, le pays est rebaptisé Zaïre, tandis que le Mouvement populaire de la Révolution, MPR, devient le parti unique.

La politique de l’« authenticité », instaurée sous son régime, vise à rompre avec certaines références héritées de la colonisation. Elle se traduit notamment par le changement du nom du pays, de plusieurs villes et de nombreuses personnes.

Sur le plan international, Mobutu s’impose comme un allié important des puissances occidentales, notamment des États-Unis, dans le contexte de la Guerre froide. Son régime bénéficie ainsi d’un soutien extérieur important pendant plusieurs décennies.

Son règne reste toutefois marqué par l’autoritarisme, la concentration du pouvoir, la corruption et de profondes difficultés économiques.

À partir de la fin des années 1980, le système politique zaïrois s’essouffle, notamment sous l’effet de la crise économique et des revendications en faveur du multipartisme.

En 1990, sous la pression de la crise intérieure et dans un contexte international marqué par la fin de la Guerre froide, Mobutu annonce la fin du monopartisme. Une période de transition politique s’ouvre alors, mais elle reste marquée par les tensions et l’instabilité.

La situation se détériore davantage après le génocide rwandais de 1994 et l’afflux massif de réfugiés dans l’est du Zaïre. En 1996, une rébellion soutenue par plusieurs pays de la région éclate. L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, AFDL, dirigée par Laurent-Désiré Kabila, lance une offensive contre le régime de Mobutu.

Les forces rebelles progressent rapidement vers Kinshasa. Le 16 mai 1997, Mobutu quitte la capitale alors que les troupes de l’AFDL s’en approchent. Le lendemain, le 17 mai, les rebelles prennent le contrôle de Kinshasa.

Laurent-Désiré Kabila prend alors le pouvoir et rebaptise le pays République démocratique du Congo, mettant officiellement fin à l’ère du Zaïre.

Après sa fuite, Mobutu se réfugie dans plusieurs pays avant de s’installer au Maroc, où il reçoit l’autorisation de séjourner. Atteint d’un cancer de la prostate, son état de santé se dégrade au cours de l’été 1997.

Mobutu Sese Seko meurt le 7 septembre 1997 à Rabat, au Maroc, à l’âge de 66 ans, quelques mois seulement après la chute de son régime.

Vingt-neuf ans plus tard, son nom demeure profondément associé à une période majeure de l’histoire politique congolaise : celle d’un régime marqué par sa longévité, la politique de l’« authenticité », son rôle géopolitique pendant la Guerre froide, mais aussi par son autoritarisme, la corruption et la crise qui ont finalement conduit à sa chute.

Depuis son décès en septembre 1997, la dépouille de l’ancien président zaïrois n’a toujours pas été rapatriée en République démocratique du Congo. Sa famille a régulièrement évoqué la nécessité de disposer de garanties avant d’envisager son retour au pays.

Zéphyrin Amboka Pengume