Des publications diffusées ces derniers jours sur les réseaux sociaux présentent Vital Kamerhe comme un prétendu futur dauphin de Félix Tshisekedi pour la présidentielle de 2028. Certaines vont jusqu’à affirmer que le président de l’UNC aurait conditionné sa participation au dialogue national à sa désignation comme candidat de l’Union sacrée. Aucun élément officiel ne vient cependant confirmer ces affirmations. Dans son travail de vérification publié le 14 septembre, l’Agence congolaise de presse a qualifié de fausse l’information selon laquelle Kamerhe aurait demandé au chef de l’État de faire de lui son dauphin. Le secrétaire général de l’UNC, Billy Kambale, a également catégoriquement démenti cette démarche.

Cette mise au point intervient alors que Vital Kamerhe s’est publiquement positionné en faveur du dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi. Le 28 août dernier, l’ancien président de l’Assemblée nationale a salué cette initiative, qu’il considère comme une démarche destinée à rechercher des réponses aux causes profondes des crises congolaises. Il a notamment insisté sur la nécessité de placer la population au cœur du diagnostic et de la recherche des solutions. Dans ses déclarations publiques consultées, aucune condition liée à la présidentielle de 2028 n’est avancée.

Le parcours de Kamerhe sous le régime Tshisekedi reste pourtant marqué par une succession de responsabilités de premier plan. Après avoir contribué à la dynamique politique ayant conduit à l’alternance de 2019, il devient le directeur de cabinet du nouveau chef de l’État. Son passage à la présidence est toutefois interrompu en 2020, lorsqu’il est poursuivi dans le dossier du programme des 100 jours. Condamné en première instance, puis après plusieurs étapes judiciaires, il est finalement acquitté par la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe en juin 2022.

De retour au premier plan, le président de l’UNC retrouve une place importante dans l’appareil gouvernemental. En mars 2023, Félix Tshisekedi le nomme vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale. Après les élections législatives de décembre 2023, Kamerhe choisit son mandat de député national et se retrouve au centre des tractations pour la direction de la Chambre basse. En avril 2024, il remporte la primaire organisée au sein de l’Union sacrée, avant d’être élu président de l’Assemblée nationale le 22 mai avec 371 voix sur 407 votants.

Ainsi, si la question de l’avenir politique de Vital Kamerhe peut naturellement alimenter les spéculations à l’approche de 2028, aucune source crédible consultée ne permet actuellement d’affirmer qu’il aurait obtenu ou réclamé la succession de Félix Tshisekedi. Son poids politique, son expérience institutionnelle et son rôle au sein de l’Union sacrée en font néanmoins un acteur incontournable des discussions politiques à venir. Pour l’heure, le fait établi reste son soutien au processus de dialogue national, tandis que l’hypothèse d’une désignation comme « dauphin » demeure une spéculation non étayée.

La Rédaction