Le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, a dressé l’état de la Nation devant le Congrès réuni ce lundi 08 décembre 2025.
Dans son discours, plusieurs questions d’intérêt national ont été abordées, allant de l’environnement à la sécurité, en passant par la gestion des provinces.
S’agissant de la gestion des villes, le président congolais s’est insurgé contre l’état de dégradation dans lequel se trouve la ville de Kinshasa. Pour Félix Tshisekedi, la capitale fait face à une gestion qu’il qualifie de catastrophique.
« Les embouteillages déstabilisent nos familles, freinent la productivité de la ville et affectent l’image de notre capitale. Cette situation n’est plus une simple gêne urbaine, elle constitue un véritable défi national de gouvernance. La capitale ne peut continuer à vivre sans une planification et un pilotage à la hauteur de son poids démographique et économique. Elle appelle à des actions concrètes et coordonnées, fondées sur une vision d’ensemble », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État a également évoqué avec gravité le défi de l’assainissement : « L’insalubrité, l’obstruction des caniveaux, la mauvaise gestion des déchets et la pression croissante sur les quartiers densément peuplés exposent nos populations à des risques environnementaux et sanitaires inestimables. Nous devons moderniser la chaîne d’assainissement, clarifier les responsabilités des acteurs publics, encourager une mobilisation citoyenne durable et instaurer une tolérance zéro contre les pratiques qui dégradent nos quartiers et menacent la santé publique. »
Par ce discours, le chef de l’État a posé un diagnostic réaliste de la situation de la ville de Kinshasa, en mettant en lumière deux maux majeurs auxquels les Kinois font face au quotidien : les embouteillages et l’insalubrité.
Concernant les embouteillages, se déplacer dans la ville-province de Kinshasa devient un véritable parcours du combattant, en raison du manque d’infrastructures routières adéquates, mais aussi des embouteillages artificiellement créés par les contrôles techniques et de permis de conduire.
Une question demeure : comment les Kinois pourront-ils se déplacer durant ce mois de décembre, considéré comme un mois festif ? Pour plusieurs observateurs, le gouvernement ferait mieux de surseoir à ces contrôles au moins jusqu’au 15 janvier, afin de faciliter la mobilité de la population en cette fin d’année.
En ce qui concerne l’insalubrité, il ne fait aucun doute que la gestion de l’assainissement pose problème en RDC, particulièrement à Kinshasa. La population ne comprend toujours pas pourquoi, après le curage des caniveaux, les immondices ne sont pas immédiatement évacuées. Il suffit d’une nouvelle pluie pour que ces déchets retournent dans les caniveaux, empêchant l’écoulement normal des eaux pluviales et provoquant des inondations après chaque averse.
Signalons que ces propos du chef de l’État sont interpellateurs et pourraient pousser les autorités provinciales à tout mettre en œuvre pour faciliter une mobilité fluide aux Kinois et améliorer la gestion de l’insalubrité, afin de permettre à la population de vivre réellement l’adage : « Après la pluie vient le beau temps. »
Zéphyrin Pengume
