Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a informé dimanche 05 Avril 2026, par communiqué adressé aux entreprises opérant en République démocratique du Congo (RDC), d’une mesure visant à encadrer le paiement de l’Impôt sur les Bénéfices et Profits (IBP) «au titre des revenus 2025, exercice fiscal 2026». Sont visées, en particulier, les sociétés des secteurs minier, pétrolier et des hydrocarbures ainsi que leurs sous-traitants qui tiennent leur comptabilité en devises étrangères. L’objectif affiché est d’atténuer les effets des récentes fluctuations du taux de change et de stabiliser les recettes publiques libellées en franc congolais.
Le communiqué précise que des dispositions spécifiques déterminent désormais la méthode de calcul et de conversion des montants dus en IBP, ainsi que les modalités pratiques de leur paiement en francs congolais. Cette décision intervient dans un contexte de volatilité des marchés des changes et traduit la volonté de l’État de sécuriser ses recettes fiscales tout en limitant les risques fiscaux liés aux écarts entre les monnaies de facturation et la monnaie nationale.
Les autorités financières soulignent que ces mesures s’appliquent aux revenus réalisés en 2025 et exigibles pour l’exercice 2026, et appellent les contribuables concernés à se conformer aux nouvelles règles sous peine de sanctions prévues par le code fiscal. Le ministère annonce par ailleurs la mise à disposition de circulaires d’application et de services de conseil technique pour accompagner les entreprises dans la mise en œuvre pratique de ces dispositions.
Du côté des opérateurs économiques, la réaction est mitigée : si certains saluent une démarche qui pourrait protéger l’économie nationale et limiter les pertes des recettes publiques dues aux dépréciations monétaires, d’autres redoutent des contraintes opérationnelles et des coûts de conversion supplémentaires, notamment pour les entreprises dont les recettes et les achats sont majoritairement en devises étrangères. Les associations patronales et experts fiscaux ont, pour l’heure, demandé des clarifications sur les taux de conversion retenus, les dates de référence et les mécanismes d’ajustement en cas de fluctuations extrêmes.
Le gouvernement, de son côté, assure que l’encadrement de l’IBP vise aussi à renforcer la prévisibilité fiscale et à favoriser un climat d’affaires stable. Il invite les contribuables concernés à prendre contact avec les services du ministère des Finances pour obtenir les détails techniques et les échéanciers de paiement, tandis que des échanges entre l’administration fiscale et les représentants du secteur privé devraient être organisés pour lever les dernières incertitudes et garantir une application harmonieuse de la mesure.
Lubumbashi, Loss-Adonis
