La République démocratique du Congo reste confrontée à une importante épidémie d’Ebola. Au 2 octobre, les données gouvernementales citées par Reuters faisaient état de plus de 8 300 cas confirmés et de plus de 4 000 décès dans sept provinces. L’épidémie est ainsi devenue la plus meurtrière enregistrée en RDC, dépassant le bilan de celle de 2018-2020.

La situation est particulièrement préoccupante dans les zones accueillant des personnes déplacées par les violences. À Kigonze, dans l’est du pays, des milliers de personnes ont quitté le camp après des affrontements impliquant des forces de sécurité. Les autorités sanitaires et les Nations unies craignent que ces mouvements rendent plus difficile le suivi des personnes exposées au virus.

Le problème est double : les populations déplacées cherchent à échapper à l’insécurité, mais leurs déplacements compliquent simultanément le travail des équipes sanitaires. Le suivi des contacts, l’identification rapide des personnes malades et leur prise en charge deviennent plus difficiles lorsque les familles se dispersent vers d’autres localités.

La situation est encore plus délicate dans les territoires affectés par le conflit armé. Six nouveaux cas ont récemment été signalés dans des zones de l’est contrôlées par l’AFC/M23, illustrant les difficultés d’organiser une réponse sanitaire uniforme dans des territoires qui échappent au contrôle direct des autorités nationales.

Au-delà de la question médicale, l’épidémie constitue donc un problème humanitaire et sécuritaire. Les déplacements de populations, l’accès limité à certaines zones et la méfiance envers les acteurs sanitaires peuvent favoriser la circulation du virus. La réponse nécessite ainsi une coordination entre les autorités congolaises, les organisations humanitaires et les structures sanitaires locales.

Pour la RDC, l’enjeu est désormais d’empêcher que la crise sanitaire ne s’étende davantage tout en maintenant l’accès aux populations déplacées. La situation rappelle surtout le lien étroit entre sécurité et santé publique : tant que les populations continuent de fuir les violences, le contrôle d’une épidémie de cette ampleur reste particulièrement complexe.

Claude Jovial Wendy