Très “préoccupée” par la montée de la politisation dans l’appareil judiciaire en République Démocratique du Congo et surtout dans les hautes juridictions dont le conseil d’État, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice ACAJ, promet de saisir la haute autorité du pays à qui elle remettra une liste des juges inféodés afin de dénoncer ce qu’elle qualifie des manœuvres entretenues par des juges politiciens dans l’organisation des audiences.
Georges Kapiamba explique avoir fait hier lundi 6 juin le déplacement au siège du conseil d’État pour observer le déroulement des audiences sur les contentieux électoraux en rapport avec les élections des gouverneurs dans les provinces de la Tshopo, Mongala et du Maniema et le théâtre judiciaire auquel il a fait face.
“C’est très grave ce qui se passe dans notre pays”,
a-t-il lâché au sortir de la salle d’audience où rien n’était encore fait jusqu’à 14h, alors que l’audience avait été initialement prévue à 9h à en croire l’extrait de rôle.
«Laissez-moi vous exprimer toute mon inquiétude en rapport avec l’organisation des audiences dans notre pays notamment dans les plus hautes juridictions. Nous sommes profondément préoccupés de constater que les juges du conseil d’État ne se soumettent pas aux lois du pays», explique Georges Kapiamba.
Le président de L’ACAJ souhaite voir la prise en considération par les juges du conseil d’État, de recours introduits par les uns et les autres dans les contentieux électoraux de trois provinces dont les cours d’appel avaient procédé à l’annulation des élections.
Par ailleurs, L’ACAJ dit avoir l’existence authentifiée des juges inféodés par des politiciens et qui seraient ajoute Georges Kapiamba, engagés même dans certains cabinets politiques pour “étouffer” pour la plupart des cas des décisions judiciaires.
«Nous dénonçons des juges politiciens se retrouvant aujourd’hui au conseil d’État et au moment venu, leurs noms seront transmis à la plus haute autorité», précise-t-il sous un ton menaçant.
En outre, L’ACAJ appelle à des sanctions sévères contre des juges qui auraient violé manifestement les lois du pays par “ leurs déductions et conclusions incohérentes” et cela , à travers une enquête du conseil supérieur de la magistrature.
Pour rappel, l’audience sur les contentieux électoraux dans les provinces de la Tshopo, Mongala et du Maniema avait été initialement prévue à 9h du lundi 6 juin au siège du conseil d’État à Kinshasa, curieusement jusqu’au petit soir de la même journée, aucun signal n’avait été fait de la part des juges censés organiser l’audience alors que toutes les dispositions des parties concernées étaient déjà prise pour défendre leurs requêtes en contestation des décisions prises par les cours d’appel sur l’annulation des élections des gouverneurs dans les trois provinces.
Faustin Kalenga
