Le pays de mille Collines se fait passer pour le tout puissant dans la région. Sa force, il l’a tiré de la fragilité de la République démocratique du Congo qui sur le plan interne n’a pas réussi durant des années à créer une cohésion nationale susceptible de lui permettre de résister aux tempêtes extérieures.

La RDC a cessé de faire peur depuis plusieurs années, alors que, son armée figure dans le top 10 de meilleures du continent. L’épopée des soldats congolais, on la situe durant le règne de Mobutu. Les forces armées zaïroises ont marqué l’histoire avec les participations triomphantes dans plusieurs guerres dans le continent.

C’est grâce à cette armée que le Président tchadien Issein Habré avait tenu la tête à l’une des armées les plus puissantes et équipées du continent, l’armée du colonel Mouammar Khadafi.

 » Si j’avais des éléments comme ceux de l’armée zaïroise, je consulterai toute l’Afrique » ,disait Mouammar Kadhafi.

Au fur des années, les forces armées de la RDC se sont un peu fragilisées . Bien que gardant son efficacité et bravoure, les politiques sont pour beaucoup dans la situation de l’armée congolaise.

À l’arrivée de l’Afdl de Laurent Désiré Kabila, les forces armées zaïroises ont décroché dans plusieurs zones du combat, offrant aux soldats de l’Afdl un béant couloir. Les Kadogo, entendez par là les petits soldats constitués majoritairement des rwandais, n’auraient mis que 7 mois pour atteindre Kinshasa et renverser le Maréchal Mobutu, déjà terrassé par la prostate.

Aux yeux des observateurs, l’Afdl ne pouvait pas faire face à cette armée zaïroise, l’une de meilleures et efficaces du continent. Et même les propres éléments de la rébellion n’y croyaient pas de leurs yeux qu’ils ont réellement pu renverser Mobutu à la tête d’une armée qui a fait ses preuves en Afrique.

En réalité, ce n’était pas une victoire obtenue par leur efficacité vis- à -vis de l’armée zaïroise. Le peuple zaïrois avait tout simplement vomi le Léopard et l’a livré aux mains de la rébellion.

S’en suivra au sein des FARDC, armée rebaptisée par le tombeur du Maréchal, une longue période de mutation avec des guerres qui éclatent juste une année après la prise du pouvoir de Laurent Désiré Kabila.

RCD, CNDP et les négociations pour ramener la paix, qui n’aboutissent pas, puis MLC de Jean Pierre Bemba, tous combattent pour renverser LD. Kabila. Quand il sera assassiné, le fils aux commandes trace un chemin de la paix qui passe par ramener tout le monde autour d’une table.

Pari gagné et l’on commence le processus de brassage, un facteur d’infiltration qui est sans conséquences sur les forces armées.

Dans cette situation, le Rwanda est souvent le premier cité dans les tentatives de déstabilisation et balkanisation de la République démocratique du Congo. La dernière en date, c’est cette attaque des positions des FARDC par le M23, soutenu par le Rwanda.

Au conseil de sécurité des l’ONU, la RDC par son Vice premier ministre en charge des affaires étrangères a essayé en vain de persuader du jeu que joue le Rwanda derrière le M23.

Le conseil de sécurité, finira par non attester l’agression de la RDC par le Rwanda via M23. Autant de questions à se poser face à une situation qui n’est pas du tout inconnue du conseil de sécurité. La Monusco, le plus grand contingent des Nations-Unies en mission en RDC depuis des années, devrait en toute logique avoir toutes les données et preuve de ce que joue le Rwanda dans cette partie de la RDC. Elle est restée muette et même quand elle fait elle-même l’objet des attaques par les groupes rebelles.

Comment sortir de ce trou?

Autant d’équations dans cette guerre qui a fait des millions de victimes sous un regard complice de tous, et même des congolais eux-mêmes. Les Congolais sont complices depuis des années par de la part des autorités de :

– mauvaise gouvernance caractérisée par des détournements en outrance des deniers publics.

– la corruption qui gangrène tous les secteurs de la société

– l’impunité
– la trahison et complicité car tous savent qu’ autant de groupes armés ont des soutiens de certains politiciens qui vivent pourtant aisément tant en province que à Kinshasa la capitale.

 » Quittez les groupes armés » disait un jour aux députés nationaux Christophe Moboso, le président de la chambre basse du parlement congolais.

La population congolaise est complice de cette situation dite d’agression par le Rwanda. Son silence, son manque d’intérêt aux atrocités sont sont victimes les populations de l’Est du pays. Son manque de réactivité, sa distraction, la manipulation dont elle est objet de la part des politiques du pouvoir comme de l’opposition et ce, depuis des années.

Les congolais, se rendent compte que, la situation à l’Est de leur pays, ne trouvera pas solution sans leur réel engagement. Pour preuve, dans ce qui se passe depuis les affrontements entre les FARDC et le M23, aucun pays n’a levé la voix pour condamner le Rwanda.

Il appartient donc à ce peuple d’être plus responsable pour imposer la paix car avec son armée, classée 8e du continent, et son immensité, sa densité et tout ce qu’il regorge comme potentiels, est bien capable de faire taire son voisin.

C’est donc pour dire aux autorités congolaises, cessez d’accuser le Rwanda, personne ne vous entend. Agissez, donnez les moyens nécessaires aux vaillants soldats que le pays dispose, arrêtez vos querelles politiciennes qui ne vont que dans le sens de vos intérêts personnels et faites une cohésion sans couleur politique pour faire rêver le peuple et gagner la guerre.

 

La rédaction