L’ancien Directeur de cabinet du Chef de l’État a été acquitté avec tous ses coaccusés. Vital Kamerhe est désormais non seulement lavé mais retrouve tous ses devoirs et droits civiques. Plusieurs réactions sur la toile allant dans tous les sens après cette décision de la justice congolaise.

Par cet acquittement, le président de l’Union pour la nation congolaise, un fin politicien est de retour sur la scène politique, et tous savent que l’homme ne se négocie pas à n’importe quel prix.

Premier allié de Félix Tshisekedi, il n’est donc pas un rien à l’avènement de Félix Tshisekedi au pouvoir. C’est une pièce maîtresse dans cette ascension du fils de l’opposant charismatique que le dialogue de Genval avait malicieusement écarté alors que tous l’attendaient comme candidat unique de l’opposition à la présidentielle de 2018.

Par l’accord de Nairobi, Kamerhe et Tshisekedi ont créé le Cach, Cap pour le Changement qui a remporté la présidentielle sans une majorité parlementaire.

Un ambitieux programme dénommé programme de 100 jours du Chef de l’État a donc été mis en marche avec une bagatelle somme de plus de 400 millions de dollars y allouée. Avec un gouvernement dirigé par Bruno Tshibala, qui était bien entendu en disgrâce face au nouveau régime, c’est la présidence de la République avec comme le Focal le directeur de cabinet qui a géré ce programme. Des millions de dollars ont donc été détournés et l’homme de confiance de Tshisekedi a été mis au banc des accusés pour un procès pour lequel il a été condamné à 20 ans de prison au premier degré et 13 ans en appel.

Tenace, leader éclairé, Vital Kamerhe a récusé aussi le deuxième verdict et obtenu son annulation. Cette étape, pour ceux qui savent lire les signes du temps, avait déjà ouvert d’une certaine manière la voie à l’acquittement.  » nous savons comment ça se passe en Afrique en général, en en RDC en particulier » a dit Kerwin Mayizo un journaliste analyste politique congolais.

Affaire 100 jours, le procès, les condamnations, tout appartient désormais au passé et l’on ne peut plus faire appel, Vital Kamerhe est donc libre.

 » Vital a encore un rôle à jouer dans ce pays » disait Félix Tshisekedi alors que l’homme était encore sous condamnation. Cette phrase, dit tout. Mais au delà de ce que peut penser le Chef de l’État, Vital Kamerhe qui a certes ses défauts, comme tout être vivant, il est une tête pensante pour la RDC. L’homme fait partie des rares personnalités politiques congolaises qui maitrisent ce grand pays de 2.345.000 km2. Il parle les 4 langues nationales, il est à la tête d’un parti politique qui a su se maintenir malgré la turbulence qui a secoué la carrière de son chef, il a une maîtrise de la situation de l’Est du pays, bien que pour certains de ses détracteurs il serait d’origine burundaise, d’autres parlent du Rwanda. Des fausses affirmations qui étonnent bien entendu ceux qui ont vu naître et croître ce fils du terroire de Bulungu.

Kamerhe libéré, quel rôle immédiat peut il jouer dans le contexte actuel ? Selon les accords de Nairobi créant Cach, l’allié de Tshisekedi à la présidentielle de 2018, devrait prendre la primature en cas de victoire. Malheureusement, le Cach victorieux de la présidentielle, avait perdu les législatives. Le poste qui a intéressé Vital Kamerhe après la prise du pouvoir par Félix Tshisekedi était le directeur de cabinet.

Les choses ayant évolué, par une baguette magique, Tshisekedi a renversé la vapeur et la majorité a basculé à sa faveur. Ce qui donne une opportunité à Vital Kamerhe après cette libération d’occuper la primature, selon certaines sources.

Dans les perspectives de 2023, le président de l’Union pour la nation congolaise, qui vraisemblablement apportera son soutien à Félix Tshisekedi ne va pas le faire par plaisir. La politique étant un monde des intérêts,  » je t’accorde la liberté, tu prendra un poste clé de la gouvernance du pays, tu me soutiens en 2023, et tu attends ton tour en 2028 ». Le deal est scellé.

 

La rédaction

 

By 24news