Kinshasa se réveille encore en esprit le cauchemar de crapuleux et odieux assassinat d’un homme politique qui au delà de son appartenance à une famille biologique ou Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, était une valeur sûre pour la nation congolaise laquelle fait face aux multiples défis.

Retrouvé sans vie à bord de sa jeep criblé de balle et couvert de sang ce jeudi 13 juillet sur la route des Poids-Lourds, la nouvelle s’est répandue dans la capitale Kinshasa, une ville de plus de 15 millions f’habiyanys où l’insécurité créé de plus en plus la psychose au sein de la population.

S’en est suivies des diverses réactions, des officiels à la famille politique de l’homme assassiné ajouté des témoignages dont certains , vraisemblablement montés pour faire valoir une thèse ou une autre selon l’obédience politique à laquelle on appartient.

Ancien ministre des transports qui a démissionné en décembre dernier afin de répondre à l’appel du parti dont le leader s’est désolidarisé de son partenaire Félix Tshisekedi, Chérubin Okende a été invité à la date du 13 juillet, selon la lettre lui adressée par la cour constitutionnelle pour une séance de travail sur la déclaration de son patrimoine après sa démission du gouvernement, un dispositif de la constitution de la RDC. Le ministre honoraire a pour sa part estimé qu’il pouvait répondre à cette invitation que le vendredi 14 juillet, question de bien se préparer , selon ces proches.

Pourtant, Okende a tout de même effectué le déplacement vers la cour constitutionnelle le mardi 12 juillet. Il était question de déposer une lettre demandant à la cour de l’accorder un jour de plus . Cependant, arrivé à l’enceinte de la cour, selon le témoignage de son garde du corps, il enverra plutôt ce dernier déposer la lettre et avoir un accusé de réception.

Une opération qui aurait pris environ 10 minutes au garde du corps et qui selon ce dernier, en revenant n’a plus revu son patron. Okende serait donc porté disparu le mercredi 12 juillet, pour se retrouver sans vie , criblé des balles le jeudi 13. Crapuleux et odieux.

Dans ce cauchemar que vivent la ville , la classe politique et particulièrement la famille biologique de l’illustre assassiné , deux camps se sont dressés l’un contre l’autre. Un qui charge le pouvoir en place , le tenant responsable de cet assassinat, avec comme argument, sa loyauté envers Moise Katumbi, candidat à la présidentielle de décembre prochain. Est ce que cette hypothèse est-elle suffisante et valable pour conduire au crime?

De l’autre côté , l’on soutient, selon les bruits du couloir, que Okende détiendrait des secrets contre le président de son parti et qu’il se rapprocherait du pouvoir pour faire des révélations. Selon ces rumeurs,le coup partirait donc de son parti , Ensemble pour la République de Moïse Katumbi.

Dans cette cacophonie , la justice s’est évidemment saisie de l’affaire. Dans une conférence de presse à la cour constitutionnelle le jeudi 13 juillet, le procureur général de la République a déclaré que les indices sérieux seraient entre les mains des enquêteurs.

En attendant que les choses avancent pour plus de lumières sur cette affaire, chacun dans la ville de Kinshasa se fait juge , avocat et magistrat dans cette affaire qui secoue la ville.

 » c’est un coup monté par sa famille politique pour faire porter le chapeau a Félix Tshisekedi » lance un chauffeur moto-taxi qui estime que le camp Katumbi et l’ensemble de l’opposition ne sont pas prêts à affronter Tshisekedi.

 » Il n’est pas le seul à avoir quitté le gouvernement pour rejoindre Katumbi. Pourquoi seulement à lui qu’on adresse une invitation pour une séance de travail sur son patrimoine? » demande un étudiant sous l’anonymat.

Pourquoi Chérubin Okende devrait se déplacer en personne pour déposer une lettre à la cour constitutionnelle et sur place , il reste dans le véhicule pour dépêcher son garde du corps?

En laissant seul son patron pour aller déposer la lettre, le garde du corps savait-il le danger qu’il faisait courir à son Chef ? Combien de temps le garde du corps a t’il mis pour alerter la famille,le parti et connaissances de la disparition de son patron ?

Autant des questions auxquelles les congolais se donnent chacun sa réponse , et en attendant les réponses de l’enquête officielle , le garde du corps qui est interpellé et aux arrêts semble être une source non moins fiable pour éclairer la justice.

Jacques Amboka