Arrivé à Mbandaka ce mardi 8 septembre, le rapporteur de l’Assemblée nationale, le professeur Jacques Djoli Eseng’ekeli, appelle à un dialogue national « sincère, inclusif et responsable », centré sur les préoccupations de la population. Il défend un schéma triangulaire mais unitaire, avec des consultations dans les 26 provinces avant une synthèse nationale, estimant que le peuple doit rester au cœur du processus. Cette démarche intervient alors que le président Félix Tshisekedi a annoncé, le 27 août, un Dialogue national consacré à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État, avec une phase de consultations à travers le pays.

Cette prise de position intervient également dans un contexte marqué par le débat sur l’évolution de la Constitution. La loi fixant les conditions d’organisation du référendum avait été adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat en juin. Elle prévoit notamment les modalités permettant au peuple de se prononcer par référendum et, en cas de projet de nouvelle Constitution, la mise en place d’une Assemblée constituante.

Sur ce dossier, Jacques Djoli avait déjà défendu une approche essentiellement juridique. Après l’arrêt de la Cour constitutionnelle du 28 juillet, qui a déclaré la loi conforme à la Constitution tout en formulant treize réserves d’interprétation, il avait annoncé, au nom du Bureau de l’Assemblée nationale, une nouvelle délibération du texte à la session de septembre. Il expliquait que cette démarche devait permettre d’intégrer les observations de la Haute Cour afin de renforcer la « clarté », la cohérence et la sécurité juridique du dispositif référendaire.

Le débat constitutionnel reste ainsi étroitement lié aux discussions sur l’avenir institutionnel du pays. Si le référendum constitue le mécanisme envisagé pour une éventuelle nouvelle Constitution, la procédure parlementaire doit encore intégrer les réserves de la Cour constitutionnelle. Parallèlement, le Dialogue national voulu par Félix Tshisekedi ouvre un autre espace de discussion autour de la paix, de la cohésion nationale, de la gouvernance et de la refondation de l’État.

À Mbandaka, Jacques Djoli insiste donc sur une même idée : replacer la population au centre des grandes décisions nationales. Pour lui, le dialogue ne devrait pas être conçu comme un mécanisme de partage du pouvoir, mais comme un cadre destiné à rechercher des réponses aux crises sécuritaire, économique et sociale. Son appel à l’unité, à la bonne gouvernance et à la souveraineté populaire intervient ainsi au moment où deux questions majeures — le Dialogue national et l’évolution du cadre constitutionnel — occupent une place centrale dans le débat public congolais.

Jacques Amboka Mokoko