Le Sud-Kivu fait face à une nouvelle aggravation de l’épidémie de choléra. Selon les données communiquées par la Division provinciale de la santé, 11 854 cas ont été enregistrés depuis le début de l’année 2026. La seule 37ᵉ semaine épidémiologique a comptabilisé 651 cas et 13 décès, contre 482 cas et 7 décès la semaine précédente.
À Bukavu, la pression est particulièrement forte dans les structures de prise en charge, qui enregistreraient désormais plusieurs dizaines de nouveaux patients par jour. La pénurie d’eau potable, la dégradation des conditions d’hygiène et d’assainissement ainsi que la forte concentration de populations figurent parmi les facteurs favorisant la propagation de la maladie. Les zones de santé de Bukavu, Uvira, Nundu, Fizi et Ruzizi sont notamment concernées.
Cette flambée intervient dans une province déjà fragilisée par une situation humanitaire et sécuritaire particulièrement difficile. Les territoires de Fizi, Uvira et Mwenga restent affectés par des affrontements impliquant l’AFC/M23 et les forces gouvernementales, tandis que les déplacements de populations compliquent l’accès aux soins et aux services essentiels. Des milliers de personnes déplacées vivent ainsi dans des conditions précaires dans plusieurs zones du Sud-Kivu.
La situation sanitaire nationale ajoute une pression supplémentaire. La RDC est actuellement confrontée à une importante épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée en mai 2026. Au 14 septembre, l’INSP faisait état de 7 258 cas confirmés et 3 510 décès, avec l’Ituri comme principal foyer. L’OMS souligne également que l’insécurité, les déplacements et les difficultés d’accès aux populations compliquent la surveillance, la recherche des contacts et la prise en charge des malades.
Pour les autorités sanitaires, le défi consiste donc à éviter que ces différentes crises ne se renforcent mutuellement. Le choléra, maladie fortement liée à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, nécessite des réponses qui dépassent le seul secteur médical : approvisionnement en eau, assainissement, sensibilisation, prise en charge rapide et sécurisation de l’accès humanitaire sont indispensables. Dans un environnement marqué par les conflits et les déplacements, la réponse sanitaire devient ainsi aussi un enjeu humanitaire et sécuritaire.
La Rédaction
