La Tunisie est confrontée à un mécontentement croissant lié au chômage, au coût de la vie et aux perspectives professionnelles des jeunes. Dans un reportage publié le 20 octobre 2026, Al Jazeera décrit une situation dans laquelle de nombreux Tunisiens envisagent de quitter leur pays pour rechercher de meilleures conditions de vie à l’étranger.
Selon l’Institut national de la statistique tunisien, le taux de chômage s’élevait à 14,9 % au deuxième trimestre 2026. La situation est particulièrement difficile pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans, dont le taux de chômage atteignait 35,4 %.
Les diplômés de l’enseignement supérieur rencontrent également des obstacles importants. Leur taux de chômage s’établissait à 26,6 %, avec une situation plus défavorable pour les femmes diplômées, dont le taux atteignait 35,6 %.
Au-delà du manque d’emplois, les difficultés concernent aussi le coût du logement, les dépenses familiales et les incertitudes sur l’avenir. Certains jeunes estiment que leurs qualifications ne leur garantissent pas une insertion professionnelle correspondant à leurs études.
Le phénomène concerne également des travailleurs qualifiés, notamment dans les domaines de l’ingénierie et de la santé. Leur départ peut offrir de meilleures perspectives individuelles, mais il risque aussi de priver le pays de compétences nécessaires au fonctionnement de ses services et au développement de son économie.
Cette situation s’inscrit dans un climat politique tendu. Le 17 octobre, des milliers de Tunisiens ont participé à une manifestation contre le président Kaïs Saïed, dénonçant notamment la dégradation des conditions de vie et les restrictions des libertés.
Les perspectives dépendront de la capacité des autorités à créer des emplois durables, à soutenir les investissements et à améliorer les services publics. La mise en œuvre effective des programmes de recrutement et le développement du secteur privé pourraient contribuer à réduire les incitations au départ.
En définitive, l’émigration des jeunes Tunisiens constitue à la fois un indicateur des difficultés économiques et un défi pour l’avenir du pays. Sans amélioration tangible des possibilités d’emploi et des conditions de vie, la Tunisie risque de voir se poursuivre le départ d’une partie de sa jeunesse et de ses professionnels qualifiés.
Claude Jovial Wendy
