Le Vietnam relance ses ambitions dans le nucléaire civil pour répondre à la hausse de ses besoins énergétiques. Le pays entend notamment développer les projets Ninh Thuận 1 et Ninh Thuận 2, dans un contexte marqué par l’industrialisation, l’urbanisation et l’augmentation de la demande d’électricité.

Mais Hanoi se retrouve confronté à un problème majeur : le manque de personnel hautement qualifié. Les deux centrales devraient nécessiter environ 4 000 travailleurs directs pour leur exploitation, dont près de 700 devront recevoir une formation avancée à l’étranger.

Les besoins ne concernent pas uniquement les ingénieurs chargés du fonctionnement des centrales. Le Vietnam devra également disposer de spécialistes en sûreté nucléaire, sécurité, réglementation, recherche, gestion des déchets radioactifs, intervention d’urgence, surveillance environnementale et médecine nucléaire.

Cette question des compétences est stratégique. Une centrale nucléaire est conçue pour fonctionner pendant plusieurs décennies et nécessite des personnels formés sur le long terme. Le Vietnam cherche donc à renforcer ses universités, ses centres de recherche et ses partenariats internationaux afin de constituer progressivement une véritable filière nationale.

Le nucléaire est présenté par les autorités vietnamiennes comme un élément de la sécurité énergétique et de la transition vers une économie moins dépendante des combustibles fossiles. Le pays doit parallèlement accompagner son développement industriel et répondre à une demande d’électricité appelée à progresser avec les infrastructures numériques et l’urbanisation.

L’expérience vietnamienne présente un intérêt pour les pays africains confrontés à un déficit énergétique. Elle rappelle qu’un grand projet énergétique ne se résume pas à la construction d’une infrastructure : il faut également former les ingénieurs, créer des institutions de contrôle, garantir la sûreté et développer une chaîne de compétences nationales.

Le Vietnam fait ainsi face à un double défi : construire les capacités de production nécessaires à son développement et disposer des compétences humaines capables de les exploiter en toute sécurité. Le nucléaire devient donc autant une question énergétique qu’une question de formation, de technologie et de souveraineté industrielle.

 

La Rédaction