S’installer dans un pays étranger représente souvent un défi, particulièrement lorsqu’il faut reconstruire sa vie professionnelle et assurer les besoins de sa famille. En Afrique du Sud, le parcours de Michelle, une réfugiée originaire de la République démocratique du Congo, illustre la manière dont l’entrepreneuriat peut contribuer à l’intégration économique des migrants.
Dans un reportage publié en septembre 2020, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) présentait Michelle comme une entrepreneure installée à Pretoria. Après son arrivée en Afrique du Sud, elle avait créé un salon de beauté, une activité qui lui permettait de développer ses compétences commerciales et de rechercher une autonomie financière.
Son expérience témoigne d’une voie d’intégration différente de celle qui passe nécessairement par un emploi salarié. La création d’une petite entreprise peut permettre à une personne migrante de valoriser son savoir-faire, de se constituer une clientèle et de développer progressivement une activité adaptée à son environnement.
Le secteur de la beauté et des soins personnels peut offrir des possibilités aux entrepreneurs disposant des compétences nécessaires et capables d’identifier une clientèle. Toutefois, la réussite dépend notamment de l’emplacement, du coût du loyer, de la qualité des prestations, de la fidélisation des clients et du respect des règles applicables aux entreprises.
Le parcours de Michelle s’inscrit également dans une réalité plus difficile. Le reportage du HCR soulignait les conséquences des restrictions liées à la pandémie de Covid-19 sur les petites entreprises dirigées par des femmes réfugiées en Afrique du Sud. La diminution de l’activité économique avait fragilisé des entrepreneurs qui dépendaient directement de leurs revenus quotidiens.
Cette situation rappelle que l’entrepreneuriat constitue une possibilité d’intégration, mais aussi une activité exposée aux crises. Disposer d’une réserve financière, maîtriser ses dépenses et diversifier progressivement ses sources de revenus peut contribuer à renforcer la résistance d’une petite entreprise face aux périodes difficiles.
Pour les Congolais qui envisagent de s’installer en Afrique du Sud, cette expérience invite à préparer leur projet avant le départ. Il est important de vérifier les conditions de séjour et de travail, les possibilités légales de création d’entreprise, les besoins du marché et les coûts d’installation. Une activité qui fonctionne dans une ville congolaise ne rencontrera pas nécessairement la même demande à Pretoria ou à Johannesburg.
Le cas de Michelle montre néanmoins que l’intégration économique ne repose pas uniquement sur l’accès à un emploi formel. La création d’une activité indépendante peut également ouvrir des perspectives, à condition de disposer des compétences, des autorisations et des ressources nécessaires.
Claude Jovial Wendy
