Après sa démission, Modeste Bahati Lukwebo est loin d’être tiré d’affaire.
Au sein de son regroupement politique, les signaux de fracture se multiplient : députés et sénateurs prennent progressivement leurs distances, traduisant un désaveu de plus en plus visible.
Cette dynamique intervient peu après la diffusion d’un communiqué interne dénonçant des tentatives de chantage orchestrées par certains élus en vue de provoquer une dissidence.
Cette séquence met en évidence des tensions latentes qui minent l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), fragilisant davantage l’autorité de son président.
Dans un paysage politique congolais coutumier des recompositions rapides, ce type de crise interne s’inscrit dans une logique bien connue.
En République démocratique du Congo, les fractures au sein des formations politiques surviennent fréquemment lorsque certaines composantes prennent leurs distances avec la majorité au pouvoir.
Ces turbulences débouchent souvent sur des désaveux publics du leadership, voire sur des scissions ou des dédoublements de partis.
Ce n’est pas la première fois que Modeste Bahati Lukwebo fait face à une telle tempête politique.
Au début du premier mandat du président Félix Tshisekedi, il avait déjà été confronté à une crise interne, sur fond de divergences avec ses anciens alliés.
Contre toute attente, il était parvenu à rebondir, repositionnant son regroupement parmi les forces politiques majeures du pays à l’issue des dernières échéances électorales.
Aujourd’hui, l’incertitude demeure quant à sa capacité à contenir cette nouvelle vague de contestation.
Entre érosion de l’autorité interne et recomposition du paysage politique, l’avenir de son leadership dépendra de sa faculté à restaurer la cohésion au sein de l’AFDC-A et à préserver son influence sur la scène nationale.
Don de Dieu Mbavu
