Depuis quelques jours, l’Afrique du Sud est secouée par des vagues de violences xénophobes visant principalement des ressortissants étrangers originaires d’autres pays africains. Commerces pillés, habitations incendiées, agressions physiques : les scènes se répètent avec une inquiétante régularité, plongeant des milliers de migrants dans la peur et l’incertitude.

Les victimes de ces attaques sont souvent des travailleurs venus chercher de meilleures opportunités économiques dans la première puissance industrielle du continent. Ghanéens, Nigérians, Éthiopiens, Somaliens ou encore Mozambicains sont fréquemment pris pour cible, accusés par certains groupes locaux de « voler » les emplois ou de contribuer à l’insécurité.

Une rhétorique qui alimente la haine et exacerbe les tensions sociales dans un pays déjà confronté à un taux de chômage élevé et à de profondes inégalités. Face à ces violences, les réactions des autorités sud-africaines sont jugées timides par de nombreux observateurs et organisations de défense des droits humains.

Depuis la recrudescence récente des actes xénophobes, le gouvernement n’a pas officiellement condamné ces violences de manière ferme pour dissuader les auteurs. Les mesures concrètes visant à prévenir ces attaques et à protéger les communautés étrangères semblent insuffisantes, voire inexistantes.

Pour certains analystes, cette situation nourrit le sentiment d’un silence complice, ou à tout le moins d’une incapacité à s’attaquer aux causes profondes du phénomène. Face à ce silence, certains estiment que le pays de Nelson Mandela pourrait revivre des tensions rappelant celles de l’époque de l’apartheid. Un climat de méfiance et d’insécurité s’installe, marqué par des réflexes d’autodéfense et une fragmentation sociale préoccupante.

De son côté, l’Union africaine, censée incarner la solidarité et l’unité entre les peuples du continent, est accusée par plusieurs voix de faire preuve d’un mutisme préoccupant. Alors que les victimes sont majoritairement des citoyens africains, les prises de position fermes et les initiatives diplomatiques visibles restent rares, laissant parfois l’impression d’une indifférence face à un problème pourtant grave.

Cette situation soulève une question fondamentale : comment parler d’intégration africaine et de libre circulation des personnes si des Africains deviennent des cibles dans un autre pays africain ? Pour beaucoup, la lutte contre la xénophobie ne peut se limiter à des déclarations de principe. Elle exige des politiques publiques fortes, une sensibilisation accrue des populations et une coopération continentale plus active.

En attendant, ce sont des milliers de migrants africains qui continuent de vivre dans l’angoisse, pris entre l’espoir d’une vie meilleure et la peur permanente de nouvelles violences. Pour eux, la promesse d’une Afrique unie semble encore bien lointaine. Les populations africaines vivant en Afrique du Sud sont victimes de mauvais traitements, tandis que les autorités du pays et l’Union africaine restent silencieuses.

Signalons que, depuis le regain de violences xénophobes cette année en Afrique du Sud, ni les autorités du pays ni l’Union africaine n’ont publié de communiqué officiel pour dénoncer ces actes. Seul le Ghana a réagi par un communiqué pour s’insurger contre les violences visant ses ressortissants.

Zéphyrin Amboka Pengume