L’Afrique du Sud représente une destination importante pour les entrepreneurs africains qui souhaitent développer leurs activités dans un environnement économique diversifié. Parmi les Congolais qui y ont construit un parcours entrepreneurial figure Lauretta Muinda, diplômée en gestion de l’Université de Johannesburg et dirigeante de l’entreprise Karibu Wote. Son expérience illustre les possibilités de développement commercial entre la République démocratique du Congo et l’Afrique du Sud.
Dans un entretien publié le 23 août 2021 par Financial Afrik, Lauretta Muinda présentait ses activités et ses ambitions entrepreneuriales. Son entreprise, Karibu Wote (Pty) Ltd, était établie en Afrique du Sud et en RDC, avec des activités couvrant notamment la restauration, l’hébergement, l’immobilier, la construction et certains services liés aux investissements.
Son parcours repose notamment sur la diversification des activités. Dans la restauration, Karibu Wote proposait des spécialités culinaires de plusieurs pays africains, dont la RDC, l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya. Cette orientation répondait à la diversité culturelle du marché sud-africain et aux besoins d’une clientèle aux habitudes variées.
L’entrepreneure envisageait également d’étendre certaines activités vers le sud-est de la RDC, notamment dans les zones minières de Lubumbashi et de Kolwezi. La restauration collective et les services de nettoyage figuraient parmi les possibilités de développement évoquées. Ces secteurs peuvent offrir des débouchés aux entreprises capables de répondre aux besoins des sociétés minières et de leurs travailleurs.
Mais l’expérience de Lauretta Muinda met aussi en évidence les obstacles auxquels les entrepreneurs africains peuvent être confrontés. Elle évoquait notamment les difficultés d’accès au financement, les procédures administratives et les contraintes liées à l’obtention de certains marchés. À l’époque de l’entretien, elle indiquait s’appuyer sur ses propres ressources pour financer ses activités.
Son parcours souligne ainsi l’intérêt de construire des relations économiques entre les deux pays, tout en préparant soigneusement les investissements. Pour les entrepreneurs congolais intéressés par l’Afrique du Sud, les secteurs de la restauration, des services aux entreprises et du commerce transfrontalier peuvent constituer des pistes à examiner, à condition de vérifier la demande réelle et les exigences réglementaires.
L’exemple de Lauretta Muinda montre qu’une expérience acquise en Afrique du Sud peut servir de base à des projets tournés vers plusieurs marchés africains. Il ne constitue cependant pas une garantie de réussite : les résultats dépendent des ressources mobilisées, de la qualité de la gestion et de la capacité à s’adapter aux réalités économiques locales.
Claude Jovial Wendy
