Le parlement des jeunes urbain de Beni a organisé, dimanche 15 février 2026, une séance de réflexion et d’éveil de conscience avec des jeunes du quartier Mukulya, en commune de Bungulu. Cette rencontre visait à encourager l’implication citoyenne dans la restauration de la sécurité dans cette partie de la ville de Beni, confrontée à de multiples défis sécuritaires.
Au cœur des échanges figurait la question du mariage civilo-militaire, considéré par les participants comme un levier important pour améliorer la sécurité locale. Les jeunes ont été appelés à développer une culture de vigilance et de dénonciation responsable de tout comportement suspect auprès des autorités compétentes.
Jackson Muhayirwa alias Fayulu, président de la société civile de Mukulya, a souligné la volonté de la population de collaborer avec les forces de sécurité, tout en regrettant un déficit de confiance.
«Comme habitants de Mukulya, nous sommes prêts pour le mariage civilo-militaire. Malheureusement, lorsque la population dénonce, ses alertes ne sont pas toujours prises en compte. Nous demandons au commandant urbain de la police de mieux encadrer ses agents afin de renforcer la collaboration avec la population», a-t-il déclaré.
Dans son exposé, Maître Fidèle Ubuntu a insisté sur le devoir citoyen de chaque Congolais de protéger sa communauté face aux menaces sécuritaires.
«Mukulya est notre terre. Personne ne viendra nous défendre si nous ne le faisons pas nous-mêmes», a-t-il rappelé, invitant les jeunes à cultiver l’esprit de responsabilité et de signalement des cas suspects.
Les discussions ont également révélé une certaine méfiance entre civils et militaires. Plusieurs jeunes ont dénoncé des attitudes jugées peu favorables à la collaboration. «Chez nous, il n’y a pas de véritable mariage civilo-militaire. Quand nous tentons de collaborer, certains militaires nous défient», a regretté un participant.
Malgré ces préoccupations, Samuel-Don Katembo Sekanabo, président urbain du parlement des jeunes, a appelé à éviter toute généralisation. Selon lui, tous les militaires ne doivent pas être jugés sur la base des erreurs de quelques-uns, rappelant que des manquements existent aussi dans le rang des civils.
Cette activité a bénéficié de l’appui technique et logistique de Ubuntu Panafika, dans le cadre du projet « Wapi Jiwe langu kwa usalama wa mashariki ya Kongo », axé sur la mobilisation communautaire pour la paix.
Gires Kasongo
