Face à la recrudescence des attaques attribuées aux rebelles de l’ADF dans la région de Beni, le député national élu de la ville, Arsène Mwaka, estime que cette situation est en grande partie liée au manque de prise en compte des alertes lancées par la population. Selon lui, les autorités compétentes ne réagissent pas toujours avec la rapidité nécessaire pour prévenir les attaques pourtant signalées à l’avance.
L’élu rappelle que les expériences passées ont démontré l’importance d’une intervention immédiate des forces de sécurité dès qu’une menace est signalée. Il regrette que certaines alertes soient ignorées jusqu’à ce qu’un drame se produise. Pour lui, la protection des populations doit reposer sur une meilleure coordination entre les habitants et les services de défense.
Le député national Arsène Mwaka appelle également le gouvernement congolais à revoir le fonctionnement de l’état de siège en vigueur au Nord-Kivu et en Ituri. Il plaide pour un renforcement des moyens accordés au gouverneur militaire du Nord-Kivu afin de lui permettre de conduire efficacement les opérations contre les ADF. L’élu du peuple estime que cette mesure exceptionnelle doit être mieux encadrée, avec des objectifs clairs et des mécanismes d’évaluation permettant d’apprécier les résultats des autorités militaires.
« Il faut redynamiser les opérations militaires, rendre l’état de siège plus contrôlable et prendre au sérieux la menace que représentent les ADF », a-t-il notamment déclaré, appelant à une réponse plus énergique face à l’insécurité persistante dans la région.
Cette réaction intervient alors qu’une série d’attaques meurtrières a frappé la ville et le territoire de Beni au cours des trois derniers jours. Selon les bilans disponibles, près de quarante personnes ont été tuées en l’espace de trois jours. Dans la nuit du 30 au 31 mai, des assaillants ont attaqué le quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori, ainsi que les localités de Vemba et Kadou, faisant plus de vingt morts. Une autre attaque a été enregistrée dans la nuit du 2 au 3 juin à Mbau, en territoire de Beni, où au moins seize personnes ont été tuées et plusieurs autres portées disparues lors d’une incursion attribuée aux ADF.
Gires Kasongo
