Une trentaine de jeunes, femmes, hommes et autorités locales de la commune de Mulekera, en ville de Beni, ont échangé mercredi 4 février 2026 sur les défis et opportunités de la participation des jeunes, des femmes et des groupes marginalisés dans les instances de prise de décision au niveau local.
Cette journée de réflexion, organisée au quartier Ngongolio, avait pour objectif d’évaluer les progrès réalisés dans l’implication de ces différentes couches de la population après une première séance d’identification des défis dans ce secteur, tenue en juin 2026.
Dans l’ensemble, les participants ont noté des avancées significatives, comme l’explique Germain Vikopa, président de la société civile et forces vives du quartier Ngongolio :
«Avec de telles assises, nous espérons un vrai changement. Nous ignorions beaucoup de choses sur la bonne gouvernance. Aujourd’hui, nous sommes impliqués, d’une manière ou d’une autre, dans la gestion de la commune. Avant de valider une grande décision, l’autorité communale consulte soit directement la population via des échanges (tribunes d’expression populaire), soit indirectement à travers le Comité Local de Paix et de Développement, un exercice qui jadis était utopique».
Certaines femmes ayant participé aux échanges ont également reconnu des améliorations, mais elles estiment que leur taux de participation dans les grandes décisions reste faible pour plusieurs raisons.
«Nous recommandons aux autorités d’impliquer davantage les femmes dans leurs planifications. Il y a certes une évolution, mais la participation féminine reste encore minime», a souligné Louise Vuhongwa, participante.
Pour Sifa Muthimani, cheffe du service de l’agriculture à Mulekera, seule la collaboration entre autorités et population peut conduire au développement local. Elle a partagé son expérience :
«Même dans mon service, j’associe désormais mon personnel avant toute décision. Seule la collaboration et la cohésion peuvent nous permettre de progresser. Mais certains jeunes hésitent à nous rejoindre dans les services étatiques, par peur de rester longtemps dans de nouvelles unités…».
Un motif de satisfaction pour Patrice Auma, superviseur du projet à Beni :
«Nous sommes satisfaits, car après les travaux en carrefour, les participants ont relevé plusieurs améliorations, notamment les visites itinérantes du bourgmestre qui impliquent la population dans l’élaboration du budget local et dans la mobilisation des fonds. Cela montre qu’ils sont progressivement intégrés à la gouvernance locale, même s’il reste certains défis à relever pour lesquels ils ont proposé des alternatives».
Cette journée de réflexion sur les défis et opportunités de la participation des jeunes, des femmes et des personnes marginalisées dans la prise de décision à Beni a été organisée par Bénévolat pour l’Enfance, dans le cadre d’un micro-projet financé par l’Union Européenne dans le cadre du projet PAMOJA-RDC, avec l’appui technique de ACTED.
Gires Kasongo
