Le manque d’eau au dispositif de lavage des mains installé au parking public de Beni, au Nord-Kivu, suscite des inquiétudes chez les chauffeurs de taxi et les usagers de ce lieu de départ et d’arrivée des voyageurs. Alors que les autorités sanitaires multiplient les appels à l’observation des mesures d’hygiène pour lutter contre la maladie à virus Ebola, ce dispositif connaît des ruptures d’approvisionnement qui peuvent durer plusieurs semaines.

Selon les témoignages recueillis sur place lundi 19 octobre, le kit de lavage des mains peut rester jusqu’à trois semaines sans être approvisionné en eau. Une situation qui compromet son utilisation régulière et expose les chauffeurs, les voyageurs ainsi que les autres personnes fréquentant ce parking à des risques sanitaires.

Pour Kambale Siriwayo Yoga, chauffeur de taxi sur l’axe Beni-Butembo, cette situation est préoccupante. Il estime que la présence d’un dispositif de lavage des mains ne suffit pas si les conditions nécessaires à son fonctionnement ne sont pas réunies.

« Ici, au parking public de Beni, il y a effectivement un kit de lavage des mains. Mais parfois, trois semaines peuvent passer sans qu’on y mette de l’eau. C’est un danger pour nous qui fréquentons ce parking. Imaginez un client qui arrive pour voyager et qui veut se laver les mains, mais qui constate qu’il n’y a pas d’eau dans le lavabo », déplore-t-il.

Au-delà du parking public, ce chauffeur signale également la disparition d’un autre dispositif de lavage des mains au marché central de Kilokwa. D’après son témoignage, le lavabo qui y était installé aurait été saccagé par des jeunes lors d’une manifestation. Cette situation réduit davantage les possibilités offertes aux habitants pour observer les mesures d’hygiène dans les lieux publics.

Face à ces difficultés, Kambale Siriwayo Yoga appelle les autorités compétentes à prendre des mesures concrètes pour assurer l’approvisionnement régulier des dispositifs existants et veiller à leur entretien. Il estime que la lutte contre Ebola nécessite non seulement des campagnes de sensibilisation, mais aussi des moyens pratiques permettant à la population de respecter les consignes sanitaires.

« Si les autorités ne prennent pas des mesures sérieuses, il sera difficile de maîtriser la maladie », prévient-il.

Alors que la prévention contre Ebola repose notamment sur le respect des règles d’hygiène, la disponibilité permanente de l’eau dans les lieux publics très fréquentés demeure un enjeu important. Au parking public de Beni, les usagers exigent des mesures durables pour que le dispositif installé puisse réellement remplir sa fonction de prévention.

Gires Kasongo