Au total, 104 détenus préventifs ont été libérés de la prison centrale de Beni-Kangbayi, au Nord-Kivu, vendredi 27 Mars grâce au plaidoyer du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), avec l’appui de la MONUSCO.
Cette mesure s’inscrit dans les efforts visant à réduire la surpopulation carcérale et à améliorer le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté dans cette région en proie à de multiples défis sécuritaires.
Ces libérations concernent exclusivement des militaires des FARDC dont la détention provisoire dépassait largement les délais légaux. Certains étaient incarcérés depuis plusieurs années sans avoir été jugés, une situation régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains.
Cette première vague fait suite aux recommandations formulées par le BCNUDH pour désengorger une prison devenue l’une des plus surpeuplées du pays. Parallèlement, le Tribunal militaire de garnison de Beni a lancé des audiences foraines au sein même de la prison depuis le 26 mars 2026.
Soutenues logistiquement et techniquement par la MONUSCO, ces audiences devraient s’étendre sur deux mois et examiner près de 300 dossiers datant parfois de 2019 à 2023. L’objectif est de juger rapidement les détenus et de corriger les retards accumulés, liés notamment au manque de magistrats, à la mort de certains juges et aux contraintes de l’état de siège.
La situation carcérale à Beni reste particulièrement préoccupante. Conçue pour accueillir 250 détenus, la prison en compte aujourd’hui plus de 1 800, soit un taux de surpopulation avoisinant les 400 %. Les conditions de détention y sont jugées extrêmement précaires, et plusieurs détenus sont même décédés sans avoir été jugés.
Les audiences en cours portent sur des infractions graves, notamment des cas de meurtre, viol, tentative de viol ou encore participation à des mouvements insurrectionnels.
Gires Kasongo
