Une vive tension a été observée mercredi 1er avril sur l’axe routier Beni–Kasindi, précisément à hauteur de Makisabo, où des manifestants ont barricadé la route pendant plusieurs heures, perturbant ainsi la circulation sur cet axe stratégique.
Selon des sources locales, les protestataires, majoritairement des cultivateurs, dénonçaient le refus de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) de leur accorder l’accès à certaines terres qu’ils considèrent comme appartenant à la chefferie depuis plusieurs années.
Contacté à ce sujet, le chef du village de Makisabo, Adam, affirme que cette portion de terre aurait été récupérée par l’ICCN sans qu’un acte formel de cession ne soit signé par les chefs terriers. Il appelle à l’implication personnelle du gouverneur du Nord-Kivu afin de trouver une solution durable à ce conflit foncier.
« Ce sont des cultivateurs qui réclament des espaces pour cultiver dans la partie en conflit avec l’ICCN. Tout ce que nous savons est que l’ICCN avait pris cette partie sans acte de cession », a déclaré le chef Adam, joint par 24News Agency.
L’ICCN évoque un cadre légal clair
Réagissant à cette situation, Méthode Uhoze, directeur des relations extérieures au Parc national des Virunga, rappelle que les limites du parc reposent sur un cadre légal ancien et bien défini. Selon lui, le parc, qui célèbre son centenaire, a été créé à l’issue d’un processus comprenant des enquêtes sur les terres vacantes, des actes de cession coutumière ainsi que des textes législatifs.
« Le texte de loi qui délimite le parc date de 1935, complété par un décret de 1950. Prétendre aujourd’hui, après 100 ans, que certaines terres appartiendraient à la communauté alors qu’elles relèvent du parc, n’est pas fondé », a-t-il expliqué.
Il précise que dans la zone de Makisabo, les limites reposent sur des repères naturels, notamment la route carrossable Beni–Kasindi, aujourd’hui devenue route nationale, un élément qui, selon lui, ne prête à aucune confusion.
Des travaux de clôture maintenus malgré les tensions
Dans cette optique, l’ICCN indique avoir entamé les travaux de construction d’une clôture dans les zones où la limite est clairement établie, en attendant les conclusions d’une commission chargée d’examiner les parties où subsistent des discussions. Par ailleurs, l’institution affirme avoir déjà répondu aux préoccupations des communautés locales à travers une lettre adressée au gouverneur du Nord-Kivu.
« La manifestation d’aujourd’hui n’a pas de sens, car cette question a déjà été traitée par l’ICCN. Nous pensons qu’il y a d’autres revendications derrière ce mouvement », a soutenu Méthode Uhoze.
Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue, l’ICCN invite les populations à se rapprocher de ses services pour toute clarification concernant les limites du parc.
« L’ICCN reste ouvert à expliquer, preuves à l’appui, les limites du parc dans cette zone. Il n’y a aucun doute sur leur légitimité et leur légalité. Les travaux doivent donc se poursuivre dans la quiétude », a-t-il insisté.
Méthode Uhoze met également en garde contre des tentatives de manipulation visant à induire les communautés en erreur sur la délimitation du parc.
Gires Kasongo
