La République du Congo a organisé le jeudi 04 décembre à Brazzaville l’Atelier national de validation de la Contribution déterminée au niveau national (CDN) 3.0, réunissant ministères, experts, partenaires techniques et représentants de la société civile. L’événement visait à examiner les engagements climatiques du pays, à renforcer leur cohérence et à préparer leur soumission officielle à la CCNUCC, dans un contexte où la trajectoire nationale doit s’aligner sur l’objectif mondial de limiter le réchauffement à 1,5 °C.

Un moment stratégique pour la diplomatie environnementale congolaise.

Ouvert par la ministre de l’Environnement, du développement durable et du Bassin du Congo Arlette Soudan-Nonault, l’atelier a été présenté comme un jalon déterminant dans la trajectoire climatique du Congo. Elle a rappelé que cette révision de la CDN intervient dans un contexte mondial exigeant, où chaque pays est amené à intensifier ses efforts pour maintenir l’objectif de 1,5 °C. Pour le Congo, a-t-elle souligné, « la CDN 3.0 est l’occasion de consolider notre leadership écologique, porté par le rôle du pays comme véritable puits de carbone du Bassin du Congo ».
La ministre a également mis l’accent sur les priorités nationales : atténuation, adaptation, préservation des forêts, transition énergétique durable et résilience des communautés vulnérables. Elle a insisté sur la nécessité d’un financement climatique accru, condition indispensable à la mise en œuvre effective des engagements nationaux.

L’expertise technique au service d’une CDN plus ambitieuse

Intervenant à sa suite, l’expert climat de Climate Analytics, Benjamin Diabare, a présenté les principaux apports de cette révision. Selon lui, la CDN 3.0 du Congo se distingue par une approche plus robuste, fondée sur des données actualisées, alignée sur les orientations du GIEC et conforme aux exigences techniques de l’Accord de Paris.
Il a mis en avant plusieurs évolutions majeures :
Clarification des seuils d’atténuation sectoriels, notamment dans l’énergie, les déchets, l’agriculture et le changement d’affectation des terres ;

Meilleure quantification du rôle des écosystèmes forestiers ;

Intégration de nouvelles mesures d’adaptation face aux risques croissants (inondations, érosion côtière, stress hydrique).

Benjamin Diabare a salué l’engagement des équipes nationales, tout en soulignant la nécessité d’un suivi-évaluation rigoureux pour assurer la crédibilité du document sur la scène internationale.

Le NDC Partnership salue un processus participatif et cohérent

Pour sa part, Mohamed Boussaid, représentant du NDC Partnership, a rappelé que la révision des CDN n’est pas un simple exercice documentaire, mais un processus politique et inclusif, dont la réussite repose sur la participation de toutes les parties prenantes. Il a félicité le Congo pour la tenue de consultations régulières avec les ministères sectoriels, les experts, les jeunes activistes et le secteur privé.
« Le Congo démontre qu’une CDN ambitieuse se construit sur la transparence, la coopération et la mobilisation de tous », a-t-il déclaré. Le NDC Partnership continuera à accompagner le pays pour renforcer ses capacités institutionnelles et faciliter l’accès aux mécanismes de financements verts.

Vers une soumission formelle de la CDN 3.0

À l’issue de l’atelier, les parties prenantes ont procédé à l’examen final du document, en vue de sa validation et de sa transmission au gouvernement pour adoption officielle. La CDN 3.0 devrait être soumise à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) dans les prochaines semaines.
Cette nouvelle mouture marque un pas supplémentaire vers la concrétisation des ambitions climatiques nationales, tout en mettant en lumière les défis persistants : financement, renforcement des capacités, intégration intersectorielle et participation accrue des communautés locales.
Si elle est pleinement mise en œuvre, la CDN 3.0 pourrait consolider la position du Congo comme acteur clé de la lutte contre le changement climatique dans le Bassin du Congo et contribuer à une trajectoire de développement plus durable et résiliente.

Solange Geandja