Des réformes budgétaires et financières prioritaires
Réunis le 22 janvier à Brazzaville lors d’un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), les chefs d’État ont examiné la situation macroéconomique de la région et adopté une série de mesures destinées à renforcer la stabilité financière et à soutenir la croissance. Les dirigeants ont insisté sur la nécessité d’aligner les lois de finances nationales sur les engagements communautaires et internationaux, d’accélérer la digitalisation des finances publiques et de rapatrier les avoirs publics détenus hors de la zone Cémac.
À moyen terme, ils ont également mis l’accent sur la consolidation du secteur bancaire et la mise en œuvre de la stratégie communautaire d’import-substitution afin de réduire la dépendance extérieure. Le rôle de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale a été souligné comme levier clé de la transformation économique. Un mécanisme de suivi trimestriel, piloté par le PREF-CEMAC, permettra d’évaluer la mise en œuvre des réformes décidées.
Appel à l’urgence et à la diversification économique
Clôturant les travaux, le président congolais Denis Sassou Nguesso, président en exercice du sommet, a exhorté les États membres à engager des mesures de redressement urgentes pour consolider les acquis et jeter les bases d’une croissance durable. Il a insisté sur la diversification des économies, la discipline budgétaire, l’amélioration du climat des affaires et le renforcement de l’intégration régionale comme axes prioritaires.
Contexte : une région confrontée à des vulnérabilités persistantes
La Cémac, qui regroupe six pays d’Afrique centrale, fait face depuis plusieurs années à des défis structurels, notamment la forte dépendance aux matières premières, les déficits budgétaires, l’endettement public et les chocs externes liés aux fluctuations des prix du pétrole. Ces facteurs ont mis sous pression les finances publiques et la stabilité macroéconomique de plusieurs États membres.
Des réformes communautaires déjà engagées
Depuis 2016, les pays de la Cémac ont engagé un programme de réformes avec l’appui des partenaires internationaux, dont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, visant à restaurer les équilibres macroéconomiques et à renforcer la gouvernance financière. La digitalisation des finances publiques et l’amélioration de la transparence budgétaire figurent parmi les priorités de ce programme.
L’intégration régionale comme levier de croissance
Les dirigeants de la Cémac estiment que l’approfondissement de l’intégration régionale, notamment à travers le commerce intra-régional et les projets d’infrastructures, pourrait stimuler la croissance économique et réduire la vulnérabilité des économies nationales. La stratégie d’import-substitution vise, quant à elle, à développer les industries locales et à renforcer la souveraineté économique de la région.
Jacques Amboka Mokoko
