Le débat autour du changement de la Constitution s’alimente de plus en plus, après l’adoption en deuxième lecture, le lundi 15 juin, par le Sénat congolais, de la proposition de loi relative au référendum.

Réagissant sur cette épineuse question, la ministre honoraire des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, estime que l’adoption de cette proposition de loi constitue une ligne rouge qu’il faut à tout prix empêcher d’être franchie.

« La ligne rouge ne doit pas être franchie. Restons debout : changer la Constitution, c’est un coup d’État constitutionnel. Nous ne pouvons pas accepter cela », a déclaré Marie-Ange Mushobekwa.

Pour la ministre honoraire, bien que la révision constitutionnelle soit démocratique, la faire pendant que certains territoires sont en état de siège et sous occupation revient à consacrer la balkanisation du pays.

« Une révision constitutionnelle est démocratique. Mais elle ne peut pas se faire pendant que certaines provinces sont en état de siège et d’autres occupées. Un référendum sans le Kivu consacrera la balkanisation de notre pays. Nous ne pouvons pas le tolérer. La RDC va et doit rester une et indivisible », a-t-elle renchéri.

Elle joint sa voix à celles et ceux qui luttent partout à travers le pays pour défendre les acquis de la démocratie, dont la Constitution fait partie intégrante.

Elle lance un appel aux fils et aux filles du grand Kivu, afin de se lever pacifiquement, sans tergiverser, pour dire au président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, fils du Sud-Kivu, qu’il n’a pas été envoyé à l’Assemblée nationale pour tuer la démocratie garantie par la Constitution, que celui-ci veut changer.

Après l’adoption en deuxième lecture de la proposition de loi relative au référendum au Sénat, il ne reste plus que sa promulgation par le chef de l’État. À ce stade, nous avons, d’un côté, la majorité présidentielle, déterminée à changer la Constitution, et, de l’autre, l’opposition, qui semble prête à tout pour barrer la route à ce projet.

Qui de ces deux camps remportera cette bataille ?

Wait and see !

Zéphyrin Amboka Pengume