Le président de l’association africaine de droit de l’homme, ASADHO, a réagi à la condamnation prononcée le mardi 20 mai contre l’ancien premier ministre Augustin Matata Ponyo et ses co-accusés dans le procès Bukangalonzo.
Dans sa réaction, Jean Claude Katende a estimé que, pour donner une bonne impression à ce procès, il serait préférable que la justice poursuive tous ceux qui sont impliqués dans les détournements des deniers publics.
« Je m’en voudrais si je ne place pas un mot sur les condamnations qui ont eu lieu hier dans le procès Bukangalonzo. Ces types de procès devraient se généraliser contre tous les mandataires publics impliqués dans des dossiers qui ont échoué. Cela aurait donné un autre impact au procès Bukangalonzo dans l’opinion, un impact qui montre qu’il y a un souci de lutter contre la corruption et les détournements, de tous côtés. Fort malheureusement, dans l’opinion, les condamnations au procès Bukangalonzo sont considérées comme une injustice », a déclaré ce mercredi 21 mai Jean Claude Katende, président de l’ASADHO.
Ce défenseur des droits de l’homme trouve injuste que Matata Ponyo soit condamné pendant que certains mandataires impliqués dans des projets qui ont échoué ont été acquittés de manière scandaleuse, et que l’opinion les considère comme bénéficiaires de la largesse de la justice congolaise.
Jean Claude Katende estime que le verdict rendu dans le procès Bukangalonzo ne peut nullement être considéré comme la volonté de lutter contre le détournement, d’autant plus que certains mandataires impliqués ont été lavés par la justice.
À travers ses propos, on se rend compte que Jean Claude Katende s’érige contre la justice à double vitesse : deux personnes ayant commis les mêmes infractions doivent subir la même sentence.
Signalons que, poursuivi pour détournement des deniers publics dans le projet agro-industriel de Bukangalonzo, l’ancien premier ministre Augustin Matata Ponyo a été condamné à 10 ans de prison par la Cour constitutionnelle le mardi 20 mai.
Zephyrin Pengume
