La première édition du Forum de l’innovation technologique et de l’entrepreneuriat du Congo (FITE Congo) s’est achevée le 27 juin à Brazzaville sur une ambition affichée : faire du numérique un levier d’autonomisation économique des femmes et préparer la jeunesse congolaise aux métiers de demain. Pendant deux jours, panels, ateliers, formations et expositions ont réuni des acteurs publics, des entrepreneurs, des experts et des porteurs de projets autour des enjeux de l’innovation et de la transformation numérique.

Des centaines de jeunes étudiants, innovateurs, entrepreneurs, curieux ont pris d’assaut la salle de conférence du Hilton hôtel de Brazzaville, les 26 et 27 juin 2026 à l’occasion de la première édition du Forum de l’innovation technologique et de l’entrepreneuriat du Congo.

Une réponse au défi de l’inclusion numérique
Pour la promotrice du FITE Congo, Bel-Ange Moungala Massoueme, le forum est né d’un constat : bien que les femmes représentent plus de la moitié de la population congolaise, elles demeurent encore insuffisamment représentées dans les filières scientifiques et technologiques et rencontrent des difficultés d’accès aux formations, aux financements et aux opportunités.

« Le FITE est plus qu’un événement, c’est une vision, une ambition nationale. C’est un engagement collectif pour préparer les jeunes filles et les femmes congolaises à acquérir des compétences d’avenir, à intégrer pleinement l’économie numérique et à participer activement à la transformation de notre pays »* , a-t-elle déclaré lors de l’ouverture des travaux.

Au-delà des échanges, les organisateurs ont annoncé le lancement d’un programme de formation destiné à plus de 1 000 femmes congolaises dans des domaines tels que la programmation, l’intelligence artificielle, le marketing digital et la cybersécurité. L’objectif est de favoriser leur employabilité, d’encourager la création d’entreprises innovantes et de renforcer leur place dans l’économie numérique.

*Les entrepreneuses en vitrine*
Le forum a également servi de vitrine à plusieurs initiatives entrepreneuriales portées par des femmes. Dans l’espace d’exposition, des entreprises évoluant aussi bien dans le numérique que dans l’agroalimentaire ont présenté leurs produits et leurs solutions.

Présente avec l’application AFREE Congo, Juliana Nathaelle Olangas a profité de l’événement pour promouvoir une plateforme de création de contenus destinée aux Africains et encourager les jeunes à saisir les opportunités offertes par les métiers du numérique.

« Les femmes doivent être polyvalentes et s’intéresser aux métiers du numérique. Aujourd’hui, il est possible de vivre de la création de contenus. La jeunesse congolaise doit entreprendre et apprendre un métier » , a-t-elle estimé.

Autre exemple, celui de Clédie Ngoulou, fondatrice de HOPE’S AGRO, une entreprise spécialisée dans la transformation de produits agroalimentaires locaux. Pour elle, le FITE représente avant tout un espace de motivation pour les jeunes entrepreneuses.

« Nous aimerions que les jeunes femmes développent leur potentiel, sortent de leur zone de confort et donnent le meilleur d’elles-mêmes. Je suis un exemple concret que c’est possible », a-t-elle affirmé.

À travers ses produits, notamment une bouillie infantile enrichie destinée à lutter contre la malnutrition, l’entrepreneuse entend démontrer que l’innovation peut également s’appuyer sur la valorisation des ressources locales.

*Installer un rendez-vous annuel*
Au terme de cette première édition, les organisateurs ont exprimé leur volonté de faire du FITE Congo un rendez-vous annuel consacré à l’innovation, au numérique et à l’entrepreneuriat.
Leur ambition est de contribuer à l’émergence d’un écosystème plus inclusif, où les femmes disposeront des compétences et des outils nécessaires pour créer, innover et participer pleinement à la diversification de l’économie congolaise.

Solange Geandja, correspondante