L’ascension fulgurante de Constant Mutamba connaît un brutal coup d’arrêt après les différentes procédures judiciaires engagées contre lui. L’ancien ministre d’État, ministre de la Justice, vient d’être condamné à 10 ans de travaux forcés par la Cour de cassation dans l’affaire liée au Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, FRIVAO.
Cette nouvelle condamnation intervient après celle prononcée dans le dossier relatif à la construction d’une prison à Kisangani, dans la province de la Tshopo. Constant Mutamba avait été condamné à trois ans de travaux forcés dans cette affaire portant sur la gestion de près de 19 millions de dollars destinés au projet. Deux décisions judiciaires qui viennent profondément bouleverser le parcours d’un responsable politique dont l’ascension avait suscité une forte attention dans l’opinion congolaise.
Avant son entrée au gouvernement, Constant Mutamba s’était progressivement imposé comme une figure montante de la scène politique congolaise. Son discours offensif, notamment sur la justice, la lutte contre l’impunité et la réforme de l’État, lui avait permis de gagner en visibilité. Sa candidature à la présidentielle de décembre 2023 avait également contribué à accroître sa notoriété nationale, avant sa nomination, quelques mois plus tard, au poste de ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux.
À la tête de la Justice, il avait multiplié les déclarations et initiatives destinées à donner une nouvelle impulsion au secteur judiciaire. Son style direct et ses prises de position avaient renforcé son exposition médiatique et contribué à façonner l’image d’un jeune responsable politique déterminé à s’attaquer aux pratiques qu’il dénonçait au sein de l’administration et de la justice. Cette forte présence dans l’espace public avait nourri les interrogations sur son avenir politique.
Mais cette trajectoire ascendante a été progressivement rattrapée par les procédures judiciaires. Après le dossier de la prison de Kisangani, l’affaire FRIVAO l’a placé au centre d’un nouveau procès portant sur la gestion de fonds destinés à l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC. Sa condamnation à 10 ans de travaux forcés constitue désormais un tournant majeur, avec des conséquences judiciaires et politiques importantes pour l’ancien garde des Sceaux.
De figure montante du paysage politique congolais à détenu condamné par la justice, Constant Mutamba voit ainsi son parcours profondément bouleversé. Reste désormais une question : cette condamnation mettra-t-elle définitivement fin à son influence politique ou assistera-t-on, à terme, à un retour sur la scène publique ? La réponse dépendra notamment de l’évolution de sa situation judiciaire et des conséquences politiques de ces condamnations.
Zéphyrin Amboka Pengume
