À 807 jours de la fin du dernier mandat de Félix Tshisekedi, le ton monte. Dans une déclaration rendue publique lundi 5 octobre 2026, le président du MARC, Claudel André Lubaya, dresse un sévère réquisitoire contre la gouvernance de l’UDPS.
Cet ancien membre de la majorité présidentielle accuse le pouvoir actuel de glisser dangereusement vers la dictature. Il estime qu’après huit années d’exercice du pouvoir par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le pays a « dangereusement glissé d’une République démocratique vers la dictature de la pensée unique ».
Dans sa déclaration, le président du Mouvement pour l’action et le redressement du Congo (MARC) énumère plusieurs faits qui, selon lui, caractérisent ce passage de la démocratie vers la dictature : « affaiblissement des contre-pouvoirs, concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme, culte de la personnalité et rétrécissement de l’espace civique et démocratique ».
Claudel Lubaya cite notamment le cas de Mwando, un cadre de son parti qui aurait été empêché de voyager. Il considère cet épisode comme une illustration parmi tant d’autres du recul des libertés démocratiques.
Pour Claudel Lubaya, empêcher un élu du peuple d’aller à la rencontre de ses électeurs constitue une violation flagrante de l’article 109 de la Constitution, qui garantit aux parlementaires le droit de circuler sans restriction ni entrave.
« Sous la gouvernance tshisekediste, à la légitimité aussi précaire que contestée, même un élu du peuple, déjà muselé et ignoré, se voit désormais empêché d’aller rendre compte de son mandat », dénonce-t-il.
Claudel Lubaya, qui se présente comme un héritier de la lutte démocratique, interpelle également l’UDPS sur son propre mythe fondateur : « C’est donc en vain que les treize parlementaires avaient osé défier Mobutu ? Leur fameuse lettre ne serait-elle plus qu’un vieux torchon de papier relégué aux oubliettes ? Si c’était pour reproduire, voire aggraver, les pratiques qu’ils prétendaient combattre, à quoi auront servi tant de sacrifices consentis au nom de la démocratie et des libertés ? », s’interroge l’opposant.
Pour le président du MARC, le verdict est sans appel : « Le véritable héritage du Tshisekedisme, c’est une conception foncièrement rétrograde du pouvoir, que l’histoire commande à la Nation de conjurer comme un mauvais sort, au même titre que le Mobutisme hier. Les deux procédant d’une même matrice idéologique et débouchant sur une même pratique du pouvoir : la dictature. »
Zephyrin Amboka Pengume
