La RDC attend un renfort vaccinal d’urgence. 70 000 doses d’Ervebo sont annoncées alors que l’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo s’accélère dangereusement. L’OMS maintient son alerte maximale au niveau international.

Le bilan est lourd. Au 18 août, le pays dénombrait 5 208 cas confirmés et 2 476 décès, avec des centaines de patients encore isolés. Africa CDC parle d’une flambée de 70 à 100 nouveaux cas par jour et de 50 à 60 morts quotidiennes sur les dernières 24 heures.

Le pari vaccinal est inédit. Ervebo a été conçu et homologué contre la souche Zaïre, pas contre le Bundibugyo, pour lequel aucun vaccin homologué n’existe. Des données préliminaires laissent entrevoir une possible protection croisée, d’où la décision de passer à un essai grandeur nature.

Sur les 70 000 doses, le partage est clair : 20 000 seront injectées dans le cadre d’un essai clinique de phase 3 pour mesurer l’efficacité réelle contre le Bundibugyo, et 50 000 iront en priorité aux soignants et aux agents de première ligne, les plus exposés.

Mais le vaccin seul ne suffira pas. Le virus avance plus vite que le traçage. De nombreux nouveaux cas ne figurent pas parmi les contacts suivis. Les déplacements de populations fuyant l’insécurité, la porosité des frontières et la fragilité du système de santé rendent le contrôle des chaînes de transmission particulièrement complexe.

Les prochaines semaines seront décisives. Si la protection croisée se confirme et si la vaccination s’accompagne d’une détection rapide, d’isolements rigoureux et d’une prise en charge renforcée, la courbe peut s’inverser. Sans cela, le risque d’extension à de nouvelles provinces reste élevé.

La Rédaction