Pendant que les pays africains, en général et ceux d’Afrique centrale en particulier, se préparent à lancer la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en janvier 2021, Réunis vendredi 12 décembre dernier autour du thème «Maximiser le commerce intra-africain dans le contexte de la ZLECAf : le rôle du commerce électronique et du secteur privé», des économistes, spécialistes de la politique de l’économie numérique, entrepreneurs et autres parties prenantes sont arrivés à la conclusion que les pays africains appelés à sortir de la léthargie du commerce électronique.
Cette rencontre était organisée conjointement par le Centre africain pour les politiques commerciales (CAPC) de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et son Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale, en collaboration avec la Commission de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC).
Le commerce électronique, qui est un échange monétaire de biens, de services et de produits d’information via Internet, jouera un rôle clé dans la deuxième phase des négociations de la ZLECAf. Il s’agit donc d’un élément encore plus impérieux pour stimuler le commerce intra-africain que ne semblent l’imaginer divers acteurs de l’écosystème.
La part de l’Afrique dans les 3,4 billions de dollars américains de l’écosystème mondial du commerce électronique n’est que de 1,3%, a déclaré Giuseppe D’Aronco – économiste des politiques en matière de TIC au Bureau de la CEA pour l’Afrique centrale.
«Un peu plus de 18% des habitants de l’Afrique centrale ont accès à Internet en ce moment, ce qui est bien en dessous de la moyenne mondiale de 48,6%», a déclaré D’Aronco en relevant les contraintes obligatoires du commerce électronique dans la sous-région.
Cependant, a-t-il fait remarquer, il existe une forte volonté politique de la part de certains États membres de la sous-région, à l’exemple du Gabon, avec un taux de pénétration général d’Internet de 50,32. De plus, 54% des Gabonais ont fait des achats en ligne l’année dernière, ce qui les place devant le Rwanda où 39% des citoyens ont effectué des transactions similaires. Dans le reste de la sous-région, ce chiffre était inférieur à 30%.
La situation ne devrait pas se présenter ainsi, a fait valoir Mamadou Bal, un autre économiste du Bureau de l’Afrique centrale, ajoutant que «la ZLECAf et l’effort de mieux bâtir à partir d’une expérience délicate de la COVID-19, offrent des possibilités de changer le contexte dans lequel les industries en Afrique centrale produisent et exportent, notamment par le biais de chaînes de valeur intégrées qui utilisent des technologies de production propres et moins coûteuses en ressources».
Il va sans dire que les moyens électroniques d’achat et de vente offrent l’opportunité d’intégrer des chaînes de valeur plus élevées et plus rentables.
A l’exemple exemple de David Mudilo, un e-entrepreneur de la République démocratique du Congo (RDC) qui dirige la place de marché www.wenze.cd a déclaré qu’au vu de son expérience, la pratique du paiement à la livraison pour les articles commandés en ligne, génère des frais indirects pour les e-commerçants liés au transport et à l’entreposage des articles non livrés.
Il a déclaré que d’autres entrepreneurs devraient y trouver une solution en Afrique, pour ainsi élargir la chaîne de valeur autour du commerce électronique classique. Il pense qu’une solution consiste à établir un réseau de points relais pour les produits commandés électroniquement, et que diverses options de paiement intelligentes telles que l’utilisation de cartes bancaires, d’argent mobile et en espèces collectées aux points relais pourraient être toutes mises à contribution.
Cellule Comm CEA
