Selon l’Unicef, les enfants de la rue dits Shegués, en parler kinois, forment une population de 200.000 marginaux dans la capitale, Kinshasa, contre environ 8.000 à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga.
Dans la capitale du cuivre, le nombre des enfants de la rue a quasiment quintuplé en 5 ans, conséquence de la venue massive des foyers entiers démunis de tout, qui ont fui les provinces de l’espace Kasaï, suite aux menées subversives du mouvement mystique Kamwina Nsapu. Par contre à Kinshasa, la précarité sociale, la déchéance de l’autorité parentale, les accusations de sorcellerie notamment par des pasteurs en l’encontre des enfants ont fait exploser la population de shegués qui était estimée à 2015, à près de 30.000 à Kinshasa.
Selon la revue « Notre librairie, la littérature zaïroise », n°63 de mars 1982 à laquelle a notamment contribué l’historien Elykia Mbokolo, le premier enfant de la rue a été identifié en 1920, un élève de l’école Saint Joseph (Elykia) qui tuait son temps dans le quartier de débarcadère (actuel Beach Ngobila). Dans la même revue, l’historien et écrivain Pierre Haffner rapporte que même Lomami Tshibamba (romancier) a été tenté à l’époque à faire le shegué. Ce qualificatif remonte pourtant dans les années 50-60. On désignait ainsi aux sans-domiciles-fixes (SDF) et sans-papiers ouest-africains venus en masse à Léopoldville (Kinshasa) tenter de se faire une vie dorée au Congo.
POLD LEVI MAWEJA
