Les États-Unis haussent le ton au Conseil de sécurité des Nations unies. L’ambassadeur Jeff Bartos, représentant des États-Unis chargé de la réforme des Nations unies, a appelé la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda à honorer pleinement leurs engagements en faveur de la paix dans l’Est congolais.
Pour le diplomate américain, les accords de Washington, conclus sous médiation américaine en décembre 2025 entre Kinshasa et Kigali, constituent une occasion importante de faire avancer le processus de paix dans la région des Grands Lacs.
« Les Accords de Washington constituent une occasion historique de faire progresser la paix dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs. La RDC et le Rwanda doivent s’acquitter pleinement et sans délai de leurs obligations », a déclaré Jeff Bartos.
Ce message adressé aux deux capitales souligne la nécessité de traduire les engagements diplomatiques en actions concrètes sur le terrain. Les principaux enjeux concernent notamment la fin du soutien aux groupes armés et la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), conformément aux engagements pris par les parties.
Le diplomate américain a également formulé trois exigences immédiates afin d’éviter une nouvelle escalade militaire dans la région : le respect du cessez-le-feu, l’arrêt des frappes de drones et la fin des discours incendiaires.
« Nous exhortons les parties à respecter le cessez-le-feu, à mettre fin aux frappes de drones et à s’abstenir de tout discours incendiaire », a-t-il insisté.
Cet appel intervient dans un contexte sécuritaire toujours fragile au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où les affrontements et les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu continuent d’alimenter les tensions. L’utilisation de drones d’attaque constitue également un sujet de préoccupation dans cette région de l’Est de la RDC.
En appelant les parties à éviter les discours incendiaires, Washington entend également favoriser un climat politique plus propice au dialogue, alors que la mise en œuvre effective des mécanismes de suivi des accords demeure essentielle pour garantir des avancées concrètes vers la paix.
Signés en présence du président américain Donald Trump, les accords de Washington prévoient notamment des engagements sécuritaires réciproques. La RDC s’est engagée à poursuivre les mesures visant à neutraliser les FDLR, tandis que le Rwanda doit notamment mettre en œuvre les engagements relatifs à la levée de ses mesures défensives et au retrait de ses forces du territoire congolais, conformément aux dispositions applicables et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la résolution 2773.
Du côté congolais, le rapatriement de 122 éléments des FDLR vers le Rwanda est présenté comme une étape dans la mise en œuvre des engagements sécuritaires. Kinshasa attend, en retour, des avancées concrètes concernant le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la fin de tout soutien aux groupes armés opérant dans l’Est du pays. Kigali est, de son côté, appelé à respecter les obligations qui lui incombent dans le cadre du processus de paix.
Au-delà des déclarations diplomatiques, l’enjeu reste désormais celui de l’application effective des accords. Pour les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, confrontées à l’insécurité et aux déplacements forcés, la crédibilité du processus de Washington dépendra avant tout de l’amélioration tangible de la situation sur le terrain.
Zephyrin Amboka Pengume
