La décision de la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovation (ESURSI) de suspendre les activités académiques au sein des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu suscite des réactions au sein de l’opinion congolaise.

Cette mesure est notamment critiquée par certains acteurs qui estiment qu’elle risque de pénaliser davantage les étudiants et les communautés de ces deux villes, confrontées à une situation sécuritaire particulièrement difficile.

Dans une réaction à cette décision, le président du parti politique Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), Martin Fayulu, dénonce ce qu’il considère comme une mesure susceptible d’abandonner les étudiants de Goma et de Bukavu à leur sort. Il estime également qu’elle pourrait alimenter les craintes liées à la balkanisation de la République démocratique du Congo.

« Cette mesure signifie tout simplement que nos frères et sœurs vivant à Goma et à Bukavu, notamment les étudiants, sont abandonnés aux mains des rebelles de l’AFC/M23 », déplore-t-il.

Le candidat malheureux aux élections présidentielles de 2018 et de 2023 appelle ainsi le gouvernement congolais à rapporter immédiatement l’arrêté ministériel.

Martin Fayulu demande aux autorités de privilégier des solutions permettant de garantir la continuité de l’éducation, tout en tenant compte des impératifs liés à la situation sécuritaire.

« Il est temps de mettre fin à l’amateurisme. S’il vous plaît, ayez pitié des Congolais ! », insiste-t-il.

Cette controverse intervient dans un contexte marqué par la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, où la présence et le contrôle de l’AFC/M23 dans plusieurs zones continuent de susciter de fortes préoccupations au sein de la population et des autorités congolaises.

La suspension des activités académiques soulève désormais la question de l’avenir des milliers d’étudiants concernés et des mesures alternatives que le gouvernement pourrait mettre en place pour assurer la poursuite de leur formation.

Zephyrin Amboka