Le Mouvement citoyen AMKA Congo tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de graves violations des droits humains dans plusieurs localités contrôlées par le M23, notamment à Goma et Bukavu. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 23 juillet à Kinshasa, son coordonnateur, l’activiste des droits de l’homme Jack Sinzahera, dénonce des déguerpissements forcés visant des familles civiles et appelle à une intervention urgente de la communauté internationale.

Selon l’organisation, de nombreuses familles dont les chefs de ménage ont fui les combats seraient contraintes d’abandonner leurs habitations sous la menace ou la contrainte.

AMKA Congo affirme que plusieurs de ces maisons auraient ensuite été occupées ou attribuées à d’autres personnes, au mépris des droits de leurs propriétaires.

Le mouvement estime que ces pratiques constituent des violations du droit international humanitaire et des principaux instruments internationaux de protection des droits humains, notamment en ce qui concerne le droit à la propriété, au logement et à la protection des populations civiles en période de conflit.

AMKA Congo souligne que les femmes, les enfants et les personnes âgées figurent parmi les premières victimes de cette situation. Selon l’organisation, ces déplacements forcés exposent les familles à une plus grande précarité, à l’insécurité alimentaire, ainsi qu’à des risques accrus de violences et d’exploitation.

L’organisation s’inquiète également des conséquences sur les enfants, dont beaucoup seraient contraints d’interrompre leur scolarité après avoir quitté leurs lieux de résidence. Elle évoque aussi la perte d’accès aux structures sanitaires, compromettant le suivi médical, les vaccinations et d’autres soins essentiels.

Face à cette situation, Jack Sinzahera appelle les Nations Unies, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), l’UNICEF et l’UNESCO à renforcer leurs actions en faveur de la protection des civils, à documenter les violations présumées et à soutenir les enfants affectés par les déplacements forcés. Il exhorte également les États-Unis et les partenaires internationaux engagés dans les efforts de paix en République démocratique du Congo à poursuivre leurs initiatives diplomatiques et humanitaires.

Gires Kasongo