Le conseiller du président américain pour l’Afrique a réagi, lors de son passage en Europe le mercredi 17 février, à la violation des accords de Washington signés entre la RDC et le Rwanda pour mettre fin aux violences dans l’Est de la République démocratique du Congo.

S’exprimant sur France 24, Massad Boulos n’est pas passé par quatre chemins. Il a pointé du doigt le Rwanda et l’AFC-M23 pour violation de l’accord de Washington. Il a également indiqué que ses échanges avec le président rwandais Paul Kagame ont permis l’évacuation du M23 de la ville d’Uvira.

« L’accord de Washington n’est pas un échec. Nous l’avions dit depuis le début : ce n’est pas une finalité, mais un point de départ. L’objectif final reste la stabilité dans la région. Le processus est long », a déclaré Massad Boulos.

Sans tergiverser, le représentant du président Donald Trump a accusé le Rwanda et le M23 d’être à la base de la violation du cessez-le-feu, notamment en s’emparant de la ville d’Uvira.

« Nous faisons confiance au président Paul Kagame et discutons avec lui. C’est le Rwanda et l’AFC-M23 qui se sont emparés d’Uvira. Lorsque nous avons échangé avec le président Kagame, le M23 s’est retiré de la ville. Nous surveillons tous les mouvements du M23 », a-t-il renchéri.

À propos de la minimisation des sanctions américaines par Paul Kagame, Massad Boulos a affirmé que les États-Unis disposent de plusieurs outils à leur disposition. Il a précisé que Washington suit de près la situation et prendra les mesures appropriées le moment venu.

Ces déclarations du conseiller du président américain poussent plusieurs observateurs à estimer que l’administration américaine a désormais le Rwanda et ses alliés de l’AFC-M23 dans son viseur. Devant la presse, Paul Kagame avait déclaré ne pas craindre d’éventuelles sanctions américaines.

Rappelons que l’accord signé à Washington entre la RDC et le Rwanda prévoyait notamment la mise en application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, exigeant le retrait des forces rwandaises du sol congolais. À ce jour, l’application de cette résolution demeure en suspens. Les États-Unis, en tant que parrains de cet accord, sont appelés à veiller à son respect.

 

Zéphyrin Amboka Pengume