Le chef de la junte militaire en Guinée-Bissau, le général Horta N’Tam, a limogé le lieutenant-général Sadji Fati, ancien ministre de la Défense et conseiller militaire de l’ex-président Umaro Sissoco Embaló. La décision, révélée dans un décret consulté par l’AFP, prend effet immédiatement.
Sadji Fati dirigeait le bureau civil de la présidence au palais. Le décret ne précise pas les raisons de son éviction, qui intervient dans une série de changements touchant les responsables de la défense et des services de sécurité ayant servi sous l’ancien chef de l’État.
Depuis la prise de pouvoir des militaires, plusieurs personnalités considérées comme proches d’Embaló ont perdu leurs fonctions. Ces décisions témoignent d’une réorganisation de l’appareil étatique et d’un éloignement progressif de la junte à l’égard de l’ancien président, désormais en exil au Maroc.
Umaro Sissoco Embaló a été renversé en novembre, dans un contexte électoral tendu. L’armée a interrompu le processus électoral alors que l’annonce des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives était attendue.
Les autorités militaires affirment vouloir organiser de nouvelles élections le 6 décembre afin de permettre un retour à un pouvoir civil. Toutefois, la Commission électorale nationale a récemment estimé que les conditions nécessaires à la tenue du scrutin n’étaient pas réunies.
Cette situation entretient les incertitudes sur la transition politique du pays. Le limogeage de Sadji Fati pose notamment la question de la place que les anciens responsables du régime pourront conserver dans les institutions pendant la période de transition.
La suite dépendra de la capacité des autorités militaires à clarifier le calendrier électoral, à garantir les conditions d’un scrutin crédible et à préciser les modalités du retour à un ordre constitutionnel civil.
Claude Jovial Wendy
